A Silver Mt Zion + A Place To bury Strangers – CCO (Lyon), 06/11/08

Live | publié le 07 Nov 2008 par | 1 013 vues

081110aC'est assez rare, assez exceptionnel on peut même dire, voilà ce que j'appelle une affiche qui "emballe". Pour une fois, une soirée annoncée avec trois groupes, trois groupes que je connais, et trois groupes que l'idée de voir sur scène m'attire particulièrement. Et chose étrange, c'est Mediatone - association dont je ne suis plus vraiment l'activité depuis pas mal de temps maintenant, puisqu'elle ne me semblait à l'époque tourner guère plus loin qu'autour de Babylon Circus et autres petites mises en bouche festives et joyeuses, vers lesquelles il faut reconnaitre que le temps ne m'a pas vraiment rapproché. L'assocation cherchant sans doute à élargir ses horizons, c'est donc avec surprise que j'avais pris connaissance de cette soirée, qui s'inscrit en fait dans le cadre du festival "Just Rock" et avec la participation de Birdy Birdy (ceci explique déjà plus celà): la constellation d'A Silver Mount Zion, étiquette "post rock" collée sur le front bien malgré eux, les New Yorkais d'A Place To Bury Strangers, avec le sobriquet de "groupe le plus fort ("loud", hein, pas "strong") de New York", et puis en première partie les locaux de One Second Riot, que je me fais une joie de revoir après avoir écouté leur album plus en détail.

Filant comme une balle de l'aéroport de St Exupéry (de retour d'un déplacement professionnel, et ouais, c'est pas ce torchon de site qui va me permettre de manger à ma faim), j'arrive au CCO à 20h45 pétantes, me disant que "cool, je devrais pas rater grand chose" vu que pas mal de gens sont encore dehors en train de fumer leur clope dans le parc à bestiaux improvisé pour l'occasion. Je rentre dans la salle, pour voir A Place To Bury Strangers s'affairer à installer leur matos. Merde... Ils jouent quand même pas en premier?! Non, c'est juste One Second Riot qui a commencé à 20 heures, et qui vient de terminer. Mon billet à dix sept euros pour trois groupes vient de se convertir en billet à deux groupes et la bière que je tiens dans la main prend soudain un goût un peu plus amer. Non mais depuis quand on commence les concerts à huit heures, huit heures c'est l'heure des infos nationales normalement, c'est une institution, on y touche pas! Tout fout le camp mon bon monsieur.

Allez, pas grave, on dit bonjour à quelques têtes connues, venues pour l'occasion voir si la hype autour du groupe de Brooklyn est légitime. APTBS commence son set sur les chapeaux de roues, écran géant derrière le batteur projetant d'abord des images de paysages défilant derrière ce qui pourrait être une vitre de voiture. Le son criard qui sort des amplis fender est fidèle au son de l'album, un peu chaotique, par moments noyé dans une réverb enveloppante, couvertes de larsens générés par les pédales de distos du gaillard qu'il fabrique lui même (c'est d'ailleurs sa principale source de revenus semble t'il). Début mitigé, son crado au possible (on est juste devant la scène, il est quasi impossible d'entendre quoi que ce soit du chant) laissant reconnaître avec difficulté les titres de l'album (I Know I'll See You, Another Step Away, The Falling Sun), la prestation du groupe laisse quelque peu le public se demander ce que c'est que ces trois gugusses qui semblent seuls à prendre plaisir à faire un tel vacarme. Sauf que petit à petit, la sauce monte, l'intensité des images projetées derrière la batterie se faisant aussi plus forte, et ce qui ne paraissait au début qu'une "bouillie sonore" - ce qui est un peu le propos, ma foi - se fait plus épaisse, plus compacte, pour prendre un visage davantage construit et prémédité. Alors que le bassiste bataille entre deux morceaux avec des coupures de son intempestives, Oliver Ackerman (guitariste) intervient, sans un mot, identifie en quelques secondes la pédale coupable, la débranche et la repousse d'un petit coup de pied. On n'a pas que ça à faire, messieurs dames, on a un show à finir. Ca repart aussi sec, et quelques minutes plus tard, ce qui commençait à devenir intéressant va avec To Fix The Gash In your Head il me semble, basculer dans l'hypnotisant. Branchant un stroboscope disposé à ses pieds, Ackerman va prendre les commandes et offrir avec ses deux acolytes, au terme d'une montée en puissance de plus de dix minutes un spectacle chaotique et ahurissant. Bassiste impassible, batteur épileptique droit comme un i suant tout ce qu'il peut, au terme de ce chaos sonore au cours duquel le groupe justifie totalement sa renommée, Ackerman pris de convulsions maltraite sa jaguar dont il finira par arracher les cordes une par une, à genoux devant son ampli, laissant un public conquis (ça c'est pour après) mais d'abord abassourdi par une telle déferlante de décibels et d'énergie. Rien à redire, A Place To Bury Strangers en live c'est une expérience unique.

Difficile pour les Montréalais les plus connus de Constellation après GY!BE, sur les cendres desquels ils se tiennent debout, d'assurer la suite du show. En line-up réduit par rapport à la dernière représentation lyonnaise (il semble que Ian et Beckie, respectivement guitare et violon, aient temporairement ou définitivement quitté le groupe) Efrim et sa troupe offriront un concert honorable, ponctué somme toute des interventions toujours burlesques du monsieur (qui reste malgré sa "stature" un personnage attachant). Mais, sans "feu de camp" et sans grand rebondissement, voulant semble t'il faire encore plus la part belle aux parties vocales (ce qui n'est pas du goût de tout le monde), les titres proposés ce soir (One million died to make this sound, I built myself a metal bird(...), God bless our dead marines, Black waters blowed - Engine broke blues, Microphone in the trees et en rappel Horses in the sky) et la prestation un peu aphone tout juste après celle qui la précèdait ne suffira pas à rendre le concert des canadiens aussi appréciable qu'en avril dernier. Cependant, le plaisir de revoir la formation conserve tout de même une délicate constance, car si la qualité varie, la sincérité et l'émotion, elles, sont toujours là.

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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).