Chokebore / Falls Best EP

Disques | publié le 25 Oct 2011 par | 1 732 vues

La reformation de Chokebore, lorsqu'elle a été annoncée l'année dernière pour une série de concerts, n'a pas fait vraiment l'effet d'une bombe mais elle a été accueillie plutôt unanimement comme une excellente nouvelle. Comme certains avaient eu alors la chance de le voir, le rock noir brillant du quatuor Hawaïen n'avait rien perdu de son caractère unique. On entend alors parler de la possibilité d'un nouveau disque, dont l'échéance est reportée. On connait à peu près la suite: Troy Von Balthazar met en boite le superbe How To Live On Nothing, et part le jouer en live un peu partout en Europe. Mais rien n'est oublié, et Chokebore revient aujourd'hui avec un EP cinq titres.

Et c'est sans doute pour le meilleur que Troy Von Balthazar, les frères Kroll et Christian Omar Madrigal Izzo ont pris tout le temps nécessaire avant de se réunir à nouveau sur disque. Le temps de relancer une mécanique précise, millimétrée, de retrouver un rock incisif, captivant qui repose toujours sur le mélange parfait entre énergie électrique, mélodies entêtantes et mélancolie discrète. On ne va pas se la jouer dissertation, hein, on est bien trop peu objectif, trop heureux qu'on est de retrouver un des groupes qu'on adorait déjà à l'âge de dix-huit ans: ce disque est tout bonnement un cadeau, un plaisir intégral du début de "Lawsuit" jusqu'à la dernière note de "Awesome". Troy Von Balthazar est un vrai poète, un songwriter authentique qui sait faire rimer spleen avec énergie, qui sait trouver le moyen de faire rire et pleureur son public au cours d'un même concert - et le retrouver sur Falls Best entouré de la formation qui a signé It's a Miracle en 2002, et le riff d'intro de "Ciao LA" (pour être à l'origine duquel à peu près tous les guitaristes de rock indé auraient vendu leur mère) fait juste trop plaisir pour qu'on ait envie de chercher la petite bête. Chokebore reprend donc les choses à l'endroit même où il les avait laissées avec le morceaux "Geneva" ou "Snow": un rock toujours aussi brut, abrasif et authentique, les vocalises de Troy adoucissant les power chords répétés en rythme, la frappe de batterie sèche comme une jour sans eau. "Get Blonder" renoue avec la tension de "The Perfect Date"; "Defenders" ralentit le tempo sur le lit d'une guitare dense et si épaissie par la distortion qu'elle en devient familière et accueillante. "Joy" est peut-être le morceau le plus indissociable du "style" Chokebore, les deux guitares tranchées à la serpe entre rythme métronomique pour l'une et ligne mélodique gonflée aux larsens pour l'autre.

Cinq titres, cinq petits titres pour se rassasier après un jeun de presque dix ans, c'est presque trop peu alors il faut les consommer avec modération, en apprécier chaque note, laisser chaque minute de ce Falls Best se frayer lentement un chemin jusqu'au coeur, et ne surtout pas s'en lasser avant la suite qui on l'espère, viendra bientôt. Et puis, évidemment, revoir Chokebore sur scène demain soir, à l'Epicerie Moderne (et en tournée en Europe). Que demande le peuple?

En écoute: "Lawsuit"

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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).