Grails / Take Refuge In Clean Living – Doomsdayer’s Holiday

Disques | publié le 10 Mar 2009 par | 639 vues

090310aAssez peu de temps après nous avoir gratifié d'un album étrange et néanmoins fascinant (le génial Burning Off Impurities) il y a un peu moins de deux ans, le quatuor s'est avéré encore plus prolifique en 2008 puisque c'est pas moins de deux LPs que Grails a sorti l'année dernière. Avec un peu de retard, je le confesse, mais juste ce qu'il faut de recul pour se pencher correctement sur ces faux jumeaux, retour sur les deux derniers albums d'un des groupes les plus fascinants du moment.

Take Refuge In Clean Living, le premier d'entre eux, s'inscrit dans la respectable lignée de ses prédecesseurs, dont on retrouve tous les ingrédients: mysticisme transcendantal, rock progressif et psychédélique sur le fil du rasoir, basses alambiquées, ambiances orientales chères à la formation (à leur paroxysme sur Take Refuge, portées puis relayées sur le second mouvement du titre par un orgue épique et de fantastiques guitares noisy). Mais au delà de ce territoire connu dans lequel évolue Grails, derrière ce mélange inattendu de post/kraut-rock façon Pink Floyd vs Enio Morricone vs Ravi Shankar qui lui est propre, la teinte s'assombrit, et les atmosphères se font plus tendues, plus dramatiques, quitte à passer par moments pour une bande son cinématographique dans le pur style Lynch (11th Hour et ses sonorités mystérieuses)... De là à supposer que Take Refuge In Clean Living n'est autre que l'annonciateur du Chaos qui le suit dans Doomsdayer's Holiday, il n'y a qu'un pas, que je vais franchir allègrement. Visuel dark au possible, et ostensiblement mystico-sado-maso, rien n'est fait pour épargner l'auditeur. On est pris dans un voyage traumatisant au cours duquel Grails explore tour à tour paysages métalliques, basses caverneuses, explosions sonores, envolées blues modernes et grinçantes (Reincarnation Blues)... Déconstruisant le post-rock, à son tour, en y injectant des éléments parfois quasiment antagonistes et des instrumentations bizarroïdes, Grails s'affirme comme une nouvelle alternative improbable, risquée, et pourtant saisissante de cohérence et de beauté.

Avec deux disques comme ceux-ci, voilà ma foi une nouvelle preuve que quantité peut bien rimer avec qualité. D'autant plus que Zak Riles, guitariste de la formation, vient de sortir chez Important Records un album "solo" - et que d'après quelques sources bien informées ce dernier semble également digne d'un grand intérêt. En outre, Grails sera en tournée en Europe très bientôt et s'arrêtera au Grrrnd Zero Vaise le 5 mai prochain. Une croix de sang à faire dans vos agendas...

En écoute: "Take Refuge"
[audio:http://shblog.ru/wp-content/uploads/2008/12/04-take-refuge.mp3]

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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).