Isaac Delusion / Early Morning

Disques | publié le 13 Déc 2012 par | 1 359 vues

C’est peu dire que l’on attendait avec une bonne dose d’impatience le second EP de nos espoirs préférés de 2012, les Isaac Delusion, le groupe parisien aux rythmiques et gimmicks electro hip-pop dépouillés, portés par des mélodies pop
folk et une voix si particulière... 'Fin, tout cela pour faire large et abréger cette inutile introduction parce que force est de reconnaître que de ce côté de DarkGlobe, entre une interview, un article de présentation et pas moins de quatre vidéo live sur notre chaîne youtube, on vous a déjà bien bassiné cette année avec ces loulous parigots.

Notre impatience était, admettons-le, teintée de curiosité. Car leur premier essai, paru au début d’année, même armé des savoureux "Midnight Sun" et "Waiting", semblait encore osciller entre deux eaux, hésitant sur la direction à tenir, comme un symbole du début de collaboration du jeune duo parisien, de cet équilibre qui était encore alors à trouver et qui, pourtant, brillait par son évidence lors des concerts du groupe. Pour le second EP intitulé Early Morning et sorti fin novembre, malgré l'arrivée d’un bassiste, les rangs se sont resserrés et les entre-deux des débuts se sont dissipés comme une évidence, privilégiant une production en consistance et rondeur. Le meilleur exemple de cette polarisation reste "Early Morning", le titre éponyme et morceau d’ouverture, déjà sorti avant l’été et chanson de saison s’il en est (de l’été mais absolument pas d’UN été). Celle-ci ravit les esprits et les corps avec sa mélancolie dansante comme un bonheur crève coeur ; elle déborde de douces et agréables bouffées de chaleurs et d’harmonies rêveuses dessinées comme
autant de légères touches de peinture impressionniste. "Purple Sky" persiste dans la même veine artistique pétrie d'élégance et rayonne d’une lumière mate avec son accent d’introspection, sa langueur nostalgique et sa résignation douce amère. En comparaison des deux premiers morceaux, "Transistors" évolue dans un registre plus léger, joue au crooner moderne en mode road movie tandis que "Supernova" jongle entre influences jazzy et funky pour ambiances chillout en louchant légèrement vers sa conclusion sur les dancefloors du début des eighties. "Sand Castles" quant à lui clôt le disque en prenant son temps ; sur une première fausse piste acoustique qui finit par se dissoudre sous un soleil electro comme une réminiscence de la problématique stylistique musicale qu’il a fallu résoudre au début du projet Isaac Delusion, Il parait aujourd’hui difficile de ne pas s’enthousiasmer béatement pour ce si jeune groupe, de ne pas apprécier à sa juste valeur sa facilité à mélanger les différents genres musicaux avec tant d’équilibre et de tendre justesse, à proposer cet univers précieux et rare rempli de délicate élégance artistique, frissonnant d’une calme et naturelle mais irrésistible sensualité.

"Early Morning"

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées du grand Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.