NZCA/LINES / NZCA/LINES

Disques | publié le 22 Juil 2012 par | 1 336 vues

Cela va sûrement te sembler simplement incroyable, ami lecteur, mais Michael Lovett, jeune anglais et tête à penser cachée derrière le pseudonyme de NZCA/Lines, et moi-même avons plusieurs choses en commun... Enfin... A bien y réfléchir principalement deux : une mèche de cheveux qui a une méchante tendance à tomber sur le front et un plaisir coupable pour Aaliyah. Petit rappel pour les plus jeunes d’entre vous, cette dernière était une chanteuse r’n’b de la fin des années 90 décédée dans un accident d’avion. Même si, et je tiens à le préciser dans mon cas, cette fascination commence et s’arrête avec le morceau intitulé “Try Again” sur lequel j’ai parfois forcé trois pas de danse déséquilibrés tandis que le jeunot Lovett semble s'être, de son côté, un peu plus excité sur le sujet.

Débarqué il y a bientôt 6 mois (effectivement, j’ai pris mon temps pour cette chronique), l’album éponyme de NZCA/Lines n’est rien d’autre que ce qu’il annonce : un disque de RnB dépouillé et mâchouillé à coup d’électro délibérément naïve, à mille lieux d’une super production américaine, fabriqué par un geek au look de dandy, fan de science-fiction, à l’air maladroit et blanc comme un cul. Le résultat, tout en lignes droites et claires, est en conséquence inévitablement charmant, pile poil dans le sillon désormais tracé par un Metronomy tendance The English Riviera : agitateur de cortex, sexy comme il faut, délicatement désuet quand cela est nécessaire.

Déjà single avec ses rythmiques accrocheuses et ses lignes de synthés chatouilleuses, le morceau d’ouverture, “Compass Points” entend Lovett pousser une première fois sa voix une octave plus haute ; hommage direct à son idole disparue et citée un peu plus haut. L’exercice vocal est repris avec succès quelques morceaux plus tard pour le périlleux funk blanc de “Work”. En comparaison, le deuxième single tiré de l’album, “Okinawa Channels”, apparaît tout aussi catchy mais il se fait déjà plus suave, presque indolent, comme conscient que l’entreprise de séduction est de toutes manières enclenchée et gagnée d’avance. Particulièrement enthousiasmant, “Atom and Axes” sonne quant à lui comme un classique pop immédiat à l’accent discoïde subtilement décalé et bancal. La deuxième partie de l’album articulée via le court mais néanmoins encore trop lyrique “AM Travel Interlude” est plus contemplative et collé-serré ; les corps peuvent se rapprocher et les doigts s’aventurer indécemment vers les morceaux d’intimité. Ainsi après s’être essayé au rôle de crooner puceau sur “Nazca” et “Base64 Love” Lovett souffle alors encore plus fort une sensualité slow motion et glacée sur “Moon Lit Car Chase” pour terminer la galette dans un long soupir sur la flânerie électronique de “Patrol Late Back”.

Musique de danse cérébrale qui ne se fait pas prier pour glisser jusqu’aux fesses, parfaitement adéquate à ces soirées d’intérieur tendance cocktails, où l’on s’observe un verre de vodka martini entre les doigts, l’album de NZCA/ Lines est constamment parcouru par une volupté ambivalente, lascive et stoïque, charnelle et pourtant froide, endolori dans une atmosphère ouatée et duveteuse ; comme un appel à se lover confortablement les uns contre les autres, bien au chaud.

"Compass Points"

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées du grand Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.