Puscifer / C is for (Insert genitalia sophomoric reference here) EP

Disques | publié le 22 Fév 2010 par | 1 507 vues

Puscifer, voilà le nom étrange du énième projet de sieur Maynard James Keenan, vocaliste et compositeur émérite de Tool et autres A Perfect Circle. Le personnage a beau avoir certaines facettes quelques peu bizarroïdes (vendre sur son site la chance de le rencontrer en personne pour la modique somme de 250 dollars! Si il y a du second degré là-dedans il faut me montrer où) il faut reconnaître que l'étendue de ses expérimentations musicales est toujours aussi vaste, et que le résultat est toujours aussi fascinant.

Un peu d'histoire (amusante là encore) : Puscifer apparaît pour la première fois de façon tout à fait fictive dans la série Mr Show. Musicalement ses premières contributions apparaîtront en 2003 et 2005 dans les bandes originales respectives des films Saw et Underworld. Il faudra attendre quatre longues années avant de voir le projet prendre forme et sortir son premier LP, V for Vagina, et un album de remixes quelques mois plus tard. Puscifer se veut un terrain d'expérimentations totalement libéré pour Keenan et aussi l'occasion d'inviter d'autres musiciens d'horizons on ne peut plus divers comme Tim Alexander (Primus), Brad Wilk & Timmy C (Rage Against the  Machine), Lustmord, Lisa Germano ou... Milla Jovovitch. Le parallèle est facile mais on peut y voir là le reflet fidèle de ce que Peeping Tom est pour cet autre génie qu'est Mike Patton : une sorte de melting pot, de ramassis d'idées farfelues plus ou moins consensuelles, entre sonorités rock avant-gardiste, pop, electro voire même new beat. V for Vagina avait déjà cette incohérence sans doute voulue, mêlant expérimentations vocales et sonores à des titres aux habits plus conventionnels, plus séduisants pour un public de masse. C is for... s'inscrit dans la même logique de patchwork, brossant le fan de Tool dans le sens du poil avec ce remix de "Momma Sed" et sa basse longiligne teintée de chorus, et le désarçonnant avec "Polar Bear", titre d'ouverture aux rythmes mid-tempo appuyés, ou "The Mission", duo vocal surprenant avec Milla Jovovitch posé sur un sample de basse et de handclaps grossier qu'on pourrait sans mal apparenter à du hip-hop.

Mais quel que soit le background musical, l'atout de ce disque, c'est d'abord cette voix étonnante et toujours aussi emblématique de MJK. Qu'elle se fasse lente, fluide et fantomatique, ou martelée comme on a moins l'habitude de l'entendre, elle convainc qu'elle suffirait à elle seule à sublimer l'instru la plus démunie d'intérêt. Ils en finiraient presque par être énervants, ces alchimistes de la musique qui transforment tout ce qu'ils touchent en or avec une facilité déconcertante. Mais dans notre triste époque, il faut bien avoir son petit talent pour vendre 250 dollars un entretien de quelques minutes avec le commun des mortels...

En écoute : "Momma Sed (Alive at Club Nokia)"

[audio:http://darkglobe.free.fr/extraits/100222.mp3]
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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).