Russian Circles + Kiruna + Gunfire in a Juke Joint – Grrrnd Zero Gerland (Lyon), 10/03/10

Live | publié le 15 Mar 2010 par | 1 457 vues

C'était difficile de prévoir l'affluence au Grrrnd Gerland ce mercredi soir ; deux concerts (celui-ci et un autre au Sonic) et surtout un match de foot important si j'ai bien compris, parce que mes collègues de boulot m'ont presque plus tanné que d'habitude pour que je participe à leur soirée bière-télé. Heureusement dans ces situations les organisateurs de concerts locaux, qui n'ont peur de rien, ont la bonne idée de se mettre au fourneau, et ce soir pour moi ce sera donc bière-concert. Et tant pis pour l'OL, qui disons-le s'en sortent très bien sans mon soutien pour l'instant.

Seul regret de la soirée, celui d'avoir raté At Anchor, quatuor folk du coin qui joue au Sonic ce même soir - et dont un des premiers concerts, auxquels j'avais assisté il y a quelques mois m'avait particulièrement emballé. D'après les échos, le groupe a bien travaillé depuis et a fait très bel effet. On espère que Stéphane de S'étant Chaussée mettra vite quelques vidéos de tout ça en ligne, et surtout qu'on reverra bientôt le projet sur les planches. Mais revenons à nos moutons, ce soir c'est donc Gunfire in a Juke Joint qui ouvre la soirée sous de plutôt bonnes augures.

Première pour moi, pourtant ce groupe n'est pas tout frais (il est formé depuis 2006, même si le line-up a bougé un peu depuis) et s'apprête a sortir son deuxième disque, un beau vinyle, sur le label Humanist Records (rien qu'un nom comme ça, moi ça me donne envie d'acheter leur catalogue). Deux guitaristes - dont un vient parfois se frotter à la pedal-steel - j'aime - un bassiste, un batteur et un clavier qui troque par moments son instrument pour un saxophone alto ou je ne sais trop quel autre cuivre qui y ressemble vaguement. Le son en est un peu lointain, et vient juste appuyer de façon discrète quelques passages éthérés, ou plus ou moins bruitistes, et ça fait son petit effet. Pour le reste le post-rock du quintet est assez classique, "scolaire" dit-on a ma gauche (le terme est un peu fort peut-être) mais surtout très bien éxécuté. Les deux parties de guitares se superposent à merveille, tout ça est ma foi très mélodique, et l'évolution des rythmes, déroulant les titres de façon très "prog", rappelle parfois le mode de cuisson des Finlandais de Magyar Posse - dont le bassiste du groupe m'avouera un peu plus tard être assez fan, et avec qui ils partageront d'ailleurs la scène du Clac'son prochainement (mazette, voilà encore une belle date qui s'annonce). Coté son, avec surprise, ça se révèle très bon pour l'infrastructure de la salle - et il semble que l'organisation ait eu recours à la location ou l'emprunt de matériel, ce qui est plutôt de bon présage pour la suite.

Ce sont les lyonnais de Kiruna qui prennent le relais, installés à même le sol devant la scène du Grrrnd afin que les américains puissent commencer à s'installer pendant les quarantes petites minutes que vont durer le set. Le quatuor (chant/basse/batterie/guitare) livre une noise mélodique efficace et bien rentre-dedans, me rappelant par moments Shellac ou Trail of Dead pour citer quelques modestes références. On apprécie les lignes de basse qui forment souvent le ciment mélodique des morceaux (comme sur le titre joué en rappel, voir la vidéo ci-dessous). Le groupe a un bon parterre d'amateurs (je sais pas pourquoi "fan" a toujours un petit coté péjoratif... Peut-être parce que c'est l'abrégé pour "fanatique") qui se sont agglutinés tout autour d'eux et rendent les abords de la scène complètement inaccessibles. Quelques uns on réussi à se percher ça et là pour voir un peu le set "d'en haut" mais il est difficile pour les gens de petite taille qui n'ont pas réussi à s'approcher de profiter pleinement du concert. Quoiqu'il en soit l'accueil du public est plutôt chaleureux et le groupe laisse très bonne impression, même si de leur propre aveu ce ne fut pas leur meilleur concert. Kiruna rejouera au Sonic le 15 avril prochain en première partie de Silent Front, et fera quelques dates dans l'est cet été.

Russian Circles s'étant installés pendant le set de Kiruna, leur concert commence assez rapidement. Ils ont amené leur machine à fumée avec eux, et si cet effet de scène reste superflu, il faut dire que ça s'accorde plutôt bien avec l'éclairage sommaire - trois spots blanc disposés derrière chacun des musiciens, actionnés par une pédale semble t'il, à moins que ce soit par un sonomètre. Coté son, le batteur est entouré par la tête/corps de l'ampli du bassiste et par deux hauts parleurs depuis lesquels sort la guitare, qui balancent un son plutôt énorme quand on se trouve juste devant la scène. On s'imagine que les enceintes installées pour l'occasion restituent le son de belle façon, en tout cas si l'on en croit le montage vidéo bien inspiré d'un collègue.

Le trio envoie "Malko" (ci-dessus) en deuxième titre, et joue bon nombre de titres du dernier disque Geneva chroniqué ici-même il y a quelques jours : "Fathom", "Geneva", "Hexed Hall" pour calmer un peu l'atomosphère, puis quelques morceaux issus des deux premiers albums ("Youngblood" extrait de Station, voir ci-dessous). Si le son de basse de Brian Cook est monumental, et si la technique du guitariste - qui sample avec dextérité grâce à un pedal board bien fourni des parties de tapping superbement exécutées - fait aussi son petit effet, c'est le batteur Dave Turncrantz qui impressionne le plus par la finesse et l'efficacité de sa frappe, et par un jeu puissant et subtil à la fois. Les quelques soixante-dix minutes que dureront le set, et le rappel - visiblement pas prévu, s'achèvent sans qu'on les ait vu passer. La grande classe. Grosse baffe, rien de plus à ajouter. Un des meilleurs concerts auxquels on ait pu assister avec celui de Clues & DDMMYYYY récemment à l'épicerie Moderne, et avec celui de The Skull Defekts en début de semaine. Le mois de mars met la barre très haut cette année...

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).