The Big Pink / A Brief History of Love

Disques | publié le 07 Oct 2009 par | 1 147 vues

090930bC'est la grande braderie du shoegaze, non mais c'est vrai, c'est fou en ce moment le nombre de groupes qu'on voit revenir de l'abîme sans fond creusé au début des nineties par Slowdive et comparses. Tu noteras que c'est pas moi qui vais m'en plaindre, hein, mais voilà, quand même - des fois trop c'est trop. The Big Pink est un duo londonien (constitué de Robbie Furze et Milo Cordell) qui outre les guitares chaussures-fixantes injecte aussi dans sa musique des pointes de pop, de noise ou d'electro (qui bouffe un peu à tous les râteliers quoi).

Tu me diras, à première lecture, ça ressemble fort à un disque dont j'ai parlé ici même il y a à peine quelques jours. C'est vrai. Mais on ne va pas commencer avec çà, parce que si tu commences à m'interrompre avant que je commence à parler, on va pas y arriver. Donc - pour revenir au sujet - The Big Pink a la chance de voir son premier album sortir sur le label prestigieux 4AD. C'est plutôt de bonne augure, même si un label n'est pas garant de qualité, 4AD c'est quand même les Pixies, Dead Can Dance, Cocteau Twins... Donc on appuie sur play, plutôt confiant. Et le premier morceau plutôt séduisant, sombre à souhait, guitares d'abord claires et trempées de reverb, fond dépeint par des fuzz discrets qui explosent au refrain, et un chant désabusé, façon pop-années quatre vingt sous anti dépresseur... Les ingrédients d'une jolie petite réussite dark-pop, mâtinée de noise... Tu m'étonnes que j'en redemande. Sauf que voilà, les choses se corsent. Sur le deuxième titre, "Too Young To Love", c'est une boite à rythme insupportable qui vient se taper l'incruste au milieu des murs de guitare, ruinant l'effet de brouillard qu'elles se tuent à essayer de construire et transformant le tout en espèce de tube disco-pop imbuvable. On dirait presque du Flood à la production par moments, tellement l'intention est crade, et le rendu final s'avère lisse et ennuyeux. Ce n'est pas l'insupportable troisième titre ("Dominos"... Quoi? On me dit dans l'oreillette que c'est le single... Ah ben d'accord) qui relève le niveau. Cette fois en plus des beats qui énervent, ce sont les parties de chant qui s'avèrent particulièrement exaspérantes. Pour le coup, la déception est grande et ce n'est rien de le dire.

On va quand même écouter l'album jusqu'au bout, et (soyons fous) plusieurs fois - pour comprendre qu'il n'y a finalement pas beaucoup de cohérence là dedans, qu'on se perd entre la noirceur de "Brief History of Love" et la légereté toute guillerette de "Dominos". Et pourtant, on se prend quand même à trouver entre le slow mielleux "Love in Vain" (beurk) et l'ultra mauvais "Tonight" (une vague et approximative resucée des Soup Dragons?) quelques titres intéressants, comme "Velvet" par exemple, ou le charme des mélodies prend enfin forme, et où on a laissé un peu les guitares s'exprimer. Trois, quatre titres au mieux, qui auraient pu sauver le disque si cette production opportuniste, et cruellement dépourvue d'ambition, n'en avait pas gaché le travail de composition et d'écriture. Dommage.

En écoute : "Velvet"

[audio:http://www.beggarsgroupusa.com/mp3/Velvet_TheBigPink.mp3]
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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).