The Frank and Walters / Greenwich Mean Time

Disques | publié le 29 Mar 2012 par | 1 805 vues

Les années passent... Alors que l'heure est à la reformation pour certains groupes, il en est d'autres, peu nombreux, qui maintiennent un certain cap et affichent une carrière de plus de vingt ans. C'est le cas des Irlandais The Frank and Walters qui signent cette année leur sixième album sur le label FIFA Records. Intitulé Greenwich Mean Time, cet opus arrive donc deux décennies après leur magnifique premier album Trains, Boats and Planes alors sorti en 1992. A l'époque le bassiste et chanteur Paul Linehan arborait une parfaite coupe au bol et portait le sous pull orange comme personne! Ce premier disque qui contient des sublimes joyaux comme "After All", "This is not a Song" ou encore "Fashion Crisis hits New York" fut grandement apprécié par les amateurs de pop. Des mélodies entraînantes, une authenticité alliant simplicité et sympathie ont fait des Frank & Walters un groupe très attachant tout au long de sa carrière, certes peu prolifique, mais nul besoin de grande quantité quand la qualité est toujours là au rendez-vous.

L'annonce de la sortie d'un nouvel album fut donc une joie intense comme la promesse d'un grand bonheur que l'on s'attend à retrouver. Aujourd'hui, comme en témoigne le clip du 1er single "Indie Love Song" l'orange du sous pull d'antan se retrouve sur les cravates. Ce détail vestimentaire haut en couleur sied bien à ce groupe qui n'a jamais voulu se prendre trop au sérieux. La musique se danse et est avant tout une joie et un partage. C'est donc sur ce morceau pop très accrocheur que s'ouvre le nouvel album. "I tried to write you an indie love song, but what I came up with was only this one, woo woo"... Sans prétention donc mais terriblement efficace. Et c'est bien là le talent, la marque de fabrique de ce groupe qui parvient à composer douze chansons pop d'une simplicité apparente tout en gardant un sens de l'émerveillement absolument touchant. Sur "If I had known", les paroles oscillent délicatement entre regret et espoir et parce qu'il a été chaleureusement accueilli par le public lors de l'actuelle tournée au Royaume Uni, ce morceau est déjà pressenti par le groupe comme le prochain single à paraître.

Comme l'illustre à merveille la pochette de l'album et les photos qui l'accompagnent, la plupart de ces nouvelles chansons abordent la thématique du temps ("Trust in the future", "Twenty years", "The Clock"...). Paul Linehan souligne ainsi "Alors que nous vivons dans le présent, nous passons une grande partie de notre temps à prévoir notre futur ou à penser au passé. Ainsi, nous passons à côté de nos vies. J'ai le sentiment que nous avons besoin de vivre l'instant présent, sinon, nous ne vivons pas vraiment. Nous ne devrions jamais oublier les bons moments du passé ou le futur lumineux qui s'offre à nous mais je crois que vivre vraiment c'est trouver un équilibre qui tend davantage en faveur du présent". Cette sagesse aux allures Carpe Diem se diffuse ainsi tout au long de l'album et un grand sentiment optimiste se dégage de l'ensemble: "Twenty years and we're still alright" sur le morceau 20 years. Et si la question du temps est omniprésente dans l'album, il semblerait bien que ce temps qui passe n'ait aucune emprise sur leur musique. Les mélodies rappellent celles des albums précédents et si elles ne dévoilent pas de grandes nouveautés, cela ne gâche en rien le plaisir ressenti à se trouver en un terrain connu et à écouter des morceaux qui font tant de bien. C'est peut-être aussi parce que ces magiciens pop ont trouvé depuis leurs débuts une formule leur permettant de décliner des mélodies intemporelles que ce plaisir a un petit goût d'éternité.

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone