The Pains of Being Pure at Heart / Belong

Disques | publié le 14 Avr 2011 par | 1 719 vues

Il y a un point sur lequel tous les amateurs de pop moderne s'accorderont: découvrir The Pains of Being Pure at Heart voici deux ans, c'était s'offrir une incroyable cure de nostalgie jouissive, retrouver un son familier, des morceaux qui remuent les pieds, des chansons déconcertantes de sensibilité et de simplicité aux accents forcément émouvants. Le genre de choses que vous ne pensiez jamais retrouver dans votre vie d'adulte. Particulièrement si tout comme moi, vous faites partie de la génération des vieux cons trentenaires nostalgiques. En bref, c'était les Nineties à nouveau et vous pouviez enfin ressortir votre C86 pour être élu le roi de la soirée.

Les dix titres aux implacables mélodies de l'album éponyme seront suivis par un EP (Higher than the Stars) et un single ("Say No to Love") tous bâtis avec les mêmes arguments. Force était alors de reconnaître que si l'originalité n'était pas spécialement au rendez-vous, le charme fonctionnait toujours de manière imparable. Fatalement, le second album intitulé Belong était attendu avec une excitation non feinte. Entre hymne fondateur ("Belong") et déclaration d'intention ("Strange"), celui-ci se découvre avec limpidité alternant la plus délicieuse et parfaite pop song de l'année ("Heart in Your Heartbreak"), temps faible ("Anne With An E"), touchante déclaration d'impuissance ("The Body"), expérimentation plus couillue ("Girl of 1000 Dreams"), clins d'oeil aux Field Mice (le titre "My Terrible Friend" et l'intro de "Heaven's Gonna Now" toutes guitares dehors en écho a "September's Not So Far Away"), tendance excessive à la facilité ("Even in Dreams") et resucée manifeste ("Too Tough" sonne tout de même sacrément comme l'énormissime "Stay Alive" du précédent opus). Entre obsessions mélancoliques post-adolescentes, naïveté à fleur de peau et mélodies accrocheuses qui feront automatiquement dodeliner de la tête et chantonner, rien de bien neuf au pays des Pains.

Mais que faudrait-il attendre d'autre dans la mesure où le chanteur Kip Bermann admet, sans difficulté, toujours écrire les mêmes chansons. Si évolution il y a, celle-ci se trouve dans les mains de la production, encadrée par les mains expertes de Flood et Alan Moulder. L'amateurisme et l'aspect quasi lo-fi des débuts ont été abandonnés pour une approche sonore plus agressive, soulignée particulièrement par des guitares à la Pumpkins et un son plus carré. Entre le surplace dans l'écriture et la professionnalisation de la production , Belong pourrait être donc considéré comme un remake du premier album et non pas une oeuvre totalement différente.

Certains critiqueront ce qu'ils peuvent considérer comme un gonflement excessif en testostérone des délicates compositions du quintet. D'autres expliqueront que malgré la pression du mur du son, le talent mélodique et la mélancolie douce amère des Pains restent tous les deux intacts. Mais pour le meilleur et le pire, il s'agit peut-être ici d'une évolution normale et pas si surprenante. Épargnons-nous les illusions ; de tous les groupes apparus récemment, mélodiques et bruitistes à la fois, les Pains sont sans doute les plus à même et les mieux armés pour durer et séduire un public plus important que celui de leurs débuts : un don remarquable pour les mélodies, un son rock mais pas trop, des chansons d'une beauté évidente de simplicité, des looks de nerds rassurants et on ne peut plus tendance… Pourra-t-on jamais les blâmer de choisir un succès qui semble leur tendre les bras (et après avoir vu la moitié de la Flèche d'Or se déhancher sur "Higher than the Stars" avant le concert de Crocodiles, je n'ai plus grand doute sur celui-ci)? Entre le destin commercial des Field Mice et celui des Smashing Pumpkins, les Pains semblent déjà avoir fait leur choix.

En écoute: "Belong"

[audio:http://whenthegramophonerings.files.wordpress.com/2011/02/belong.mp3]
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Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées de Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.