Ultra Zook / Epuzz

Disques | publié le 10 Avr 2013 par | 1 323 vues

ultra zook_08_04_13Débarquer chez le trio de Ultra Zook, c'est t'enfiler un acide gros comme un oeuf radioactif de Totorro ; ton dealer, ce foutu escroc, aurait du t'avertir au lieu de te refiler des trucs aussi costauds.

Ton premier poil de nez passé dans cette psyché musicale made in Kaijū en cinq temps et intitulée Epuzz (le deuxième z du titre du Ep semblant indiquer le deuxième effort du trio puisque le premier s'intitulait Epuz... A se demander comment la logique a retrouvé son chemin par ici), la pochette Métal Hurlante et mirettes hallucinées de Eric Lecluse déjà dans ton dos, tu remarques que dans la cuisine, Casimir et Hippolyte, complètement défoncés, s'empiffrent des restes bien crus de Léonard le Renard, twistent sur une électro pour nos gentils dinosaures seventies, tout en éructant des "Yapati Yapata" et autres "oooouuuuuhhh" et "aaaaaahhh" du fond de leur gorge orange et verte. Juste le temps de sortir et de traverser la frontière toute en mouvements fixes du "Mozambiouc", patrie universelle au folklore novateur et décadent de la nowhere-in-this-world-music, tu subis dans la face les effets pas super agréables de la descente de trip conduit par un pilote sous influence. Sous le choc de l'atterrissage sans parachute, tu te découvres juste suffisamment de force pour pousser en free jazz mode ton cri aussi puissant qu'un étourneau : "Pisote !". Après avoir ramassé tes sens et ta logique qui n'en finissent plus de se moucher sur le parquet, tu plonges tes pieds dans un "Tiramisu" groovy, parfum chatons écrasés en ricochets devant les yeux d'un public enchanté avant de te raccrocher à un "Aluminium C4" urbain en nervosités sèches rythmiques et montagnes russes, anxiogène et libérateur qui finit sur une sensation d'Apocalypse dur et froid. Suite à cette expérience, tu constates que tu ne respires plus de la même manière.

Pas la peine d'essayer de chanter ou de danser sur un de leurs morceaux, Ultra Zook est déjà loin devant tes pieds, devant ta voix, devant tes pensées. Naiveté animale et instinctive, sensibilité binaire et constamment en soubresauts techniques, direct dans les uppercuts musicaux, le chaos a rarement été aussi lumineux et ordonné que dans Epuzz. Tout en restant un sacré et joyeux bordel. Ultra Zook, c'est la bande son de Super Mario qui s'excite sur le joystick de ton Pong, une pool party chez les fourmis, Kim Jong Un sous ecstasy. Tiens-le toi pour dit, le monde est dans Ultra Zook et Ultra Zook est dans la place, gros.

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Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées de Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.