Purity Ring – Le Baron (Paris), 11/06/12

Live | publié le 20 Juin 2012 par | 2 620 vues

A l’instar d’une grande partie de la blogosphère, cela fait déjà plusieurs mois que Dark Globe (enfin bon, pour être honnête, le tiers parisien de notre humble webzine) émet des gémissements de plaisir simplement en entendant le nom de Purity Ring. Intronisés espoirs musicaux en moins de temps qu’il n’en faut à un couple de lapins pour détruire l'écosystème de l’Australie (en l’occurrence, quatre morceaux parus sur une durée d’un an et demi : le ludique "Ungirthed" et la base stylistique "Lofticries" comme déclaration de foi en passant par l’immense single "Belispeak" jusqu’au ténébreux "Obedear" extrait du futur album Shrines), Megan James (chant, percussions) et Corin Riddick (machines, percussions), jeunots canadiens anciens membres du collectif d’Edmonton électro bordélique Gobble Gobble devenu depuis Born Gold, ont défini une ligne directrice musicale délicate et claire, faites d'expérimentations sonores électroniques, de rythmiques hip-hop et R&B survolées par des paroles cryptiques et surréalistes, extraits directs du journal intime de la demoiselle ; une combinaison restituée sous la forme de chansons instantanément accrocheuses et fondatrices de ce qui a depuis été défini comme de la "future pop". Le légendaire label 4AD ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque il s’est empressé de signer le duo au mois de mai. L’album étant prévu pour une sortie fin août dans l’Hexagone, la meilleure occasion d’en découvrir un peu plus au sujet de Purity Ring était de profiter de leur concert parisien du 11 juin dernier : direction donc Le Baron, petit pub tendance du 8ème arrondissement de Paris rempli pour l’occasion par les hipsters branchouilles de la capitale.

Sur la scène arrangée devant la cabine du DJ, au même niveau que l’assistance, Megan, noyée dans sa robe, minuscule et toute en rondeur, a des airs de Little Nemo au féminin. Elle tripote une lanterne d’urgence, frappe sur un tambour qui s’illumine après chaque coup, descend des shots de whisky comme qui rigole, se déhanche, petite poupée désarticulée dans un espace plus petit qu’une boite d’allumettes, entourée par le public comme une tenaille. Sa voix est décalquée sur son physique : lumineuse avec ses accents enfantins, fragile comme du cristal. A ses cotés, la tête penchée sur une table, Corin distribue les effets vocaux, vrille les potards et cogne les touches de son sampler, joue de la batterie avec des lampes comme autant de boîte à rythmes lumineuses, balance une électro mélodique et sèche toute en coupes millimétrées et ricochets soniques. Droit devant lui, une jeune femme aux longs cheveux noirs agite ses bras dans les airs, aisselles épilées bien en évidence et phéromones dispersées dans les airs tout autour d’elle ; l’expérience s’inscrit à mille lieux des anneaux de virginité, ces fameux “purity rings” proposés aux adolescents par les mouvements catholiques nord-américains pour promouvoir l’abstinence sexuelle. Bien au contraire. Purity Ring est un Alice in Wonderland moderne dans lequel Absolem la chenille gobe des acides, un rêve éveillé organique et tout enclair-obscur parcouru par des bouffées de sensualité glacée.

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Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées du grand Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.