Interpol / Our Love To Admire

Disques | publié le 27 Juin 2007 par | 634 vues

070627bComme je l'ai judicieusement fait remarquer un peu plus bas (quoi, je m'envoie des fleurs, et ouais, et alors, c'est pas vous qui le faites alors merde) le second album après un premier disque sublime - et Dieu sait que Turn on the bright lights en était un - est toujours un numéro assez périlleux. Interpol en a fait les frais. Après le pâlot Antics, dont le contenu s'était révélé à peine plus intéressant que le contenant (non mais vous aviez déja vu une pochette de disque aussi moche?) la bande à Paul Banks revient enfin avec un nouvel album. Question artwork, le choix a été fait de laisser loin derrière le rouge et le noir - et au vu de la couverture de Our love to admire, on en viendrait presque à le regretter. Mais ne nous attardons pas sur des détails aussi futiles et écoutons ce qu'Interpol a à dire pour sa défense, on évoquera la signification des animaux empaillés sur la couverture plus tard.

Le titre d'intro est d'assez bonne augure: construit sur un schéma original, Pioneer to the falls surprend d'abord par un break durant lequel la guitare de Daniel Kessler s'offre une envolée sonore de très bon effet; puis par une accalmie ou Paul Banks reprend le refrain à cappella avant la reprise finale. Excellent titre, qui laisse présager le meilleur pour la suite. Mais voilà, No I in threesome, le suivant, déçoit, et laisse derrière lui le reste de l'album se dérouler avec ennui. A part quelques éclaircies (Mammoth, Peace is the trick et peut-être le nerveux Who do you think) aucun titre ne fait vraiment monter la sauce. Certes c'est bien écrit, ça sonne comme du Interpol, mais ça manque de spontanéité, et surtout, ça manque cruellement d'enthousiasme...

Le successeur du peu regretté Antics n'aura donc pas (à mes yeux en tout cas) le rôle heureux de sauveur, malgré les espoirs que j'avais mis en lui. Sans aller jusqu'à dire que c'est un mauvais disque, je me prends à zapper la plupart de ses titres, et son écoute se révèle au final assez ennuyeuse. Est-ce à cause d'une reconnaissance du groupe arrivée un peu trop vite après le succès de TOTBL, ou simplement l'inspiration - celle là même qui a fait écrire à Banks des chansons comme Stella ou Leif Eriksson - qui lui fait défaut? Difficile à dire. Reste à voir comment Interpol répondra à cette question sur scène. Les New Yorkais ont montré par le passé qu'ils y étaient capable du pire... Comme du meilleur.

En écoute: "Pioneer To The Falls"
[audio:http://darkglobe.free.fr/public/music/Interpol_PioneerToTheFalls.mp3]

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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).