Maserati / Pyramid of the Sun

Disques | publié le 16 Nov 2010 par | 2 136 vues

La nouvelle du décès de Jerry Fuchs - batteur de Maserati (et de !!!), dans des circonstances particulièrement tragiques il y a un an tout juste, avait profondément affecté tout ceux qui de près ou de loin avaient été témoins du talent et de la gentillesse du bonhomme. Pour beaucoup, notamment ceux qui avaient pu voir le groupe en concert lors de la tournée Inventions For The New Season (on se souviendra longtemps de leur concert au Sonic en 2007), il était ni plus ni moins le centre du groupe - au sens figuré comme au sens propre, puisque la batterie était installée au milieu et à l'avant de la scène.

Difficile dans ces conditions d'imaginer le groupe se remettre de cette perte. C'était sans compter le dévouement des musiciens de Maserati à leur cause, et l'héritage que Fuchs leur a laissé. Au retour d'une tournée avec les Japonais de Mono, la formation d'Athens (Géorgie) avait déjà commencé à travailler de nouvelles compositions - pour lesquelles Fuchs avait posé des parties de batterie aux structures particulièrement abouties. C'est à partir de son travail que ce nouvel album, Pyramid of the Sun, a été écrit. Dans d'autres circonstances, la génèse de l'album aurait pu être cauchemardesque et ne pas fonctionner du tout. Mais le jeu incroyablement percutant et énergique du batteur s'avère une pièce maîtresse qui fait particulièrement bien office de clé de voûte et autour de laquelle les guitares et les claviers n'ont eu aucun mal à trouver leur place.

Après "Who Can Find The Beast", titre d'ouverture très prog - claviers et synthés tout devant - c'est le titre éponyme, suivi de "We Got The System To Fight the System" qui nous plongent d'entrée dans le vif du sujet. Batterie appuyée, basse martiale, guitares allongées au delay (presque devenues le leitmotiv du groupe, empruntées au Floyd mais déclinées de bien d'autres façons depuis par Coley Dennis et Matt Cherry), pas de doute, on est bien chez Maserati, et ceux qui s'attendaient à un retour vers un post-rock plus conventionnel seront déçus. Sur Pyramid of the Sun, ce sont les claviers, plus en avant sur la longueur, voire même seuls par moments (le génial tube psyché/dance "Oaxaca", l'un de ceux sur lesquels apparaît Steve Moore, de Zombi, en guest) qui, alternativement, éclairent le coté synth/prog du rock phosphorescent du quatuor, et ponctuent le disque de quelques interludes d'assez bon effet (mais cassant parfois quelque peu la dynamique installée par les morceaux frénétiquement emmenés par les baguettes de Fuchs). Le résultat, un concentré de rythmes effrénés qui provoque immanquablement ass-shaking (plutôt que head-banging); une bande son à poursuites de bagnoles version Streets of San Francisco survitaminée et passée en avance rapide. L'album se dévore du début à la fin, jusqu'au psychotique "Bye m'Friend, Goodbye", hommage ostensible à Jerry et dernier titre composé par lui. Dans un communiqué de presse, le groupe annonçait avoir fourni un effort pour rendre hommage au travail de son batteur en le retouchant le moins possible. Belle réussite.

A noter que le groupe sera en tournée en Europe au printemps 2011 (et s'arrêtera au Sonic le 11 mars) avec Anthony Paterra, batteur de Zombi, derrière les fûts. A écouter également, le maxi Pyramid of the Moon, tiré lui aussi d'enregistrements préliminaires envoyés par Maserati (d'abord par erreur!) à son label Temporary Residence, et rendus public par Jeremy DeVine après un travail minutieux de remixage.

En écoute: "We Got The System To Fight the System"

[audio:http://temporaryresidence.com/mp3s/maserati-we-got-the-system-to-fight-the-system.mp3]
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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).