The Bilinda Butchers : The Lover’s Suicide

News | publié le 03 Mar 2013 par | 702 vues

130303bChez Dark Globe, notre affection est unanime pour le duo de San Francisco, les Bilinda Butchers. Pourtant force est de constater que nous souffrons fréquemment de crises d’angoisses glacées (celles-là mêmes qui nous poussent à envoyer notre stagiaire bénévole Cosette ramasser du bois dans la neige) à leur sujet. Pas vraiment par crainte qu’ils nous pondent une grosse bouse tant notre confiance dans leurs aptitudes musicales est complète mais plutôt par peur que le groupe, déçu par le honteux manque de reconnaissance à l’égard de leur dream-pop délicatement langoureuse, disparaisse d’un jour à l’autre à la manière d’un pet de plancton au milieu de l’infini Internet.

L’annonce d’un nouvel single intitulé "The Lover's Suicide" nous avait donc rassuré quant à la survie, au moins à moyen terme, du duo. Le teaser vidéo, uniquement instrumental, présentait un montage du film Kwaidan du maître Masaki Kobayashi (la grande classe, les gars) et annonçait un morceau sous grosse influence nippone : les images du film, la pochette du single, autant que les sonorités musicales témoignaient d’autant d’attirances pour le pays du soleil levant. Une fascination qu'ils avaient déjà exprimé précédemment dans leur discographie ("Half Open" ou "Sigh") mais qui s’exposaient désormais de manière frontale.

Basé sur un texte de Patrick Lafcadio Hearn racontant l’histoire d’amour tragique entre une courtisane et un homme japonais, "The Lover's Suicide" ne constitue pas une révolution majeure pour les Bilinda Butchers mais plutôt une très jolie avancée stylistique : la boucle entêtante de guitare se fait plus mordante, le rythme plus soutenu mais la composition, assistée par cette voix au bord de la noyade et désormais dans l’urgence, s’ancre toujours dans une irrésistible et béante mélancolie. Comme si, au lieu de nous conter leurs raffinés crève-coeurs le regard timide et fuyant, le duo avait décidé de nous les asséner les yeux dans les yeux. Le résultat est implacable et ensorcelant.

"The Lover's Suicide" est disponible en vinyle chez Beko et en CD chez Zoom Lens.

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Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées du grand Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.