Thee Silver Mt Zion + Zeni Geva + Jakuzi’s Attempt – Grrrnd Zero (Lyon), 21/04/10

Live | publié le 23 Avr 2010 par | 2 917 vues

Presque deux ans jour pour jour après leur dernier passage au Grrrnd Vaise (six mois avant de rejouer au CCO avec APTBS dans leur nouvelle formation) le collectif montréalais Thee Silver Mount Zion (on va finir par entraver quelque chose à leurs incessants changements de line-up/patronyme) était de retour à Lyon ce mercredi soir. Affiche plutôt éclectique puiqu'outre le fer de lance du label Constellation, on a également pu entendre Zeni Geva (noise japonaise) et le trio allemand Jakuzi's Attempt.

Ce sont donc les trois teutons qui s'y collent. Nous, posés depuis le balcon on regarde ça d'un œil curieux mais un peu distrait : difficile de "rentrer" dans leur musique car elle est vraiment bourrée de plans bien complexes, le guitariste braillant un chant screamo sur des parties de gratte bien éxécutées mais somme toute peu compréhensibles. Coté rythme c'est un mélange beatbox/batterie plutôt efficace que sert le groupe, mais qui peine à capter l'attention d'un public distant (qui creuse toujours cette fosse symptomatique de deux mètres entre le premier rang et la scène) et une salle encore pas complètement remplie. Cela quand bien même lorsque les trois larrons prennent un micro chacun et descendent dans la fosse pour prendre leur petit bain de foule et engager un pogo enflammé avec quelques bonshommes que cela semble plutôt agacer. Effet de surprise réussi mais pas certain que ce fut exactement le but de la manœuvre.

Vient le tour de Zeni Geva. Je n'avais jamais vu ce groupe (et assez peu entendu parler de lui) mais il faut dire que ces trois japonais sont absolument bluffants. Le groupe pratique une noise aux accents métalliques, délimitée par une guitare plutôt lourde et plombée, et une autre beaucoup plus mélodique et sinueuse. La batterie sert de catalyseur à cette réaction bizarroïde, soutenue parfois par un chant en japonais et donc assez syncopé. De mon coté ce sont les parties instrus qui semblent les plus intéressantes, lorsque le trio se montre capable de passages qu'on pourrait sans mal qualifier de jazzy - à l'image de la vidéo ci-dessus - où expérimentation sonore et technique se rejoignent subtilement avant que les décibels ne reviennent au galop.

Il doit être un peu plus de 22h30 quand Thee Silver Mount Zion, formation désormais (temporairement?) réduite à cinq membres - guitare / chant, contrebasse, deux violons et la batterie -  monte sur scène. De quoi constater que les bénévoles du Grrrnd ont fait de jolis progrès pour ce qui est de la tenue d'un driver (le concert finira à minuit et demi à peine), on souhaiterait vivement qu'il en soit de même pour faire respecter l'interdiction de fumer parce que le Rail aura encore une fois revêtu son costume de cendrier géant pendant une bonne partie de la soirée.

Retrouvailles un peu timides au départ, mais l'atmosphère s'est vite détendue, aidée par les quelques remarques débiles des sept ou huit soiffards habituels (je me demande si ce sont les mêmes auxquels on avait eu droit au CCO en novembre 2008). Efrim Menuck est particulièrement en forme et n'a pas perdu sa répartie (même si le reste du public lui est acquis et prend sûrement plaisir à écouter ses vannes presque autant que son chant). Coté setlist, il n'y aura rien de bien surprenant, pas de nouveauté, même si cela reste une playlist de haut vol dans la discographie du groupe : "13 Blues for Thirteen Moons", "I Built Myself a Metal Bird" (vidéos), "God Bless our Dead Marines", "There Is a Light" et en rappel une jolie version de "Microphones in the Trees". Le son était à la hauteur même si on peut toujours regretter la densité de la formule précédente (un violoncelle et une guitare supplémentaire) qui servait bien mieux les compositions - écrites et crées à sept, et non à cinq.
Soirée plutôt réussie au final donc, si l'on n'attendait de ce concert rien de plus que le plaisir de découvrir Zeni Geva, et de revoir ASMZ sur scène. L'OL a perdu son match à Munich paraît-il. On a pas tout à fait perdu notre soirée.

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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).