Une nouvelle radio vient de naître dans le paysage gardois. Basée près de Nîmes, il s’agit de « Carnot ». L’info nous a d’abord intéressés par l’annonce de son créateur et animateur Marc Buzeau, de son désir de tendre la main aux groupes locaux, qu’ils fassent de l’indé, du rock ou du métal… Ce projet allant dans le sens d’une diffusion de la création rock en territoire local, d’en devenir un soutien possible, l’intention nous a rappelé ce que, de notre côté, nous privilégions aussi.
C’est par un soir glacé de début janvier que nous avons rencontré Marc Buzeau, pour un entretien qui s’est révélé convivial et chaleureux avec un homme connaisseur des musiques que nous aimons.
Qu’est-ce qui t’a motivé à monter Carnot ? Comment as-tu débuté ?
Marc Buzeau : Tout a commencé par une page Facebook qui avait pour vocation de mettre en avant des groupes locaux et émergents, de relayer leurs dates de concerts afin de leur donner davantage de visibilité. Ce qui m’a motivé à monter Carnot, c’est ce désir constant de faire découvrir ces talents qui sont proches de nous et qui, à mon sens, n’ont pas toujours la possibilité de se faire entendre comme ils le mériteraient.
J’ai d’abord essayé à travers la vidéo, notamment sur YouTube, en filmant des concerts ou des festivals. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas le format le plus adapté. La radio s’est alors imposée naturellement : c’est un média accessible, vivant, et pertinent pour mettre la musique au centre. C’est comme ça que Carnot est né.
D’où vient le nom « Carnot »? L’utilises-tu sur les réseaux? Il n’est pas très commun pour une radio…
Au départ, j’avais choisi un nom assez classique, mais je me suis vite rendu compte qu’il existait déjà beaucoup de radios ou de web radios avec des noms très proches. Il me fallait quelque chose de plus original, qui ait du sens.
J’ai cherché des idées un peu partout, sans vraiment trouver ce qui me correspondait. Puis je me suis recentré sur l’essentiel : ce que je voulais transmettre. Et une idée m’est revenue assez naturellement: J’ai partagé énormément de moments de musique et de découvertes chez un ami, il y a quelques années. C’est chez lui que l’on a découvert énormément de choses : du punk, du hard rock, du rock indépendant… Tout cela se passait dans une petite rue près de chez moi, à Paris, la rue Carnot. J’habitais au numéro 4, lui au numéro 2. Et le 2 rue Carnot était, ni plus ni moins, le repère du son. Le nom s’est imposé de lui-même : Carnot – le repère du son.
Pour l’instant, je ne l’utilise pas encore sur les réseaux sociaux. Le projet est né de la page Facebook Rocknews30, plateforme de lancement pour la radio. Rocknews30 et Carnot fonctionnent un peu comme un binôme. L’un relaie concerts, groupes, interviews, l’autre diffuse la musique.

Carnot est une web radio : qu’est-ce que cela signifie techniquement?
Carnot est une radio diffusée exclusivement sur Internet. Cela signifie qu’elle est accessible partout, sans fréquence FM, simplement via un lien de streaming. Techniquement, cela permet une grande liberté : pas de contraintes géographiques, pas de format imposé, et une diffusion continue ou programmée selon les envies. C’est aussi ce qui rend le projet plus souple et plus accessible, autant pour les auditeurs que pour les artistes.
Quels sont tes objectifs en matière de programmes? Playlists, émissions?
Pour le moment, Carnot repose essentiellement sur des playlists. Mais l’objectif, très prochainement, est d’incarner davantage la radio. Cela passera par l’apparition de ma voix, des prises de parole et différentes rubriques.
Aujourd’hui, j’utilise Rocknews30 pour annoncer les concerts, mais rien n’empêche de développer ce type de contenu directement sur Carnot, avec des rendez-vous dédiés. J’aimerais aussi proposer des interviews et faire de Carnot non pas seulement une plateforme musicale, mais un lieu de rencontres et d’échanges de découverte.
L’idée est de construire une radio proche de ce que je suis et de ce que j’ai envie de partager : quelque chose de vivant, d’humain, en évolution. J’aimerais échanger avec les groupes, recueillir leur regard sur la radio, comprendre ce qu’ils en attendent. Carnot n’a pas vocation à être ma radio, mais notre radio.
La playlist évolue en permanence. Dès que je découvre des groupes qui me parlent — car il y a aussi une part très personnelle, mon oreille, ma sensibilité — je les intègre. Concernant les artistes locaux, la porte est grande ouverte. Tous les groupes du Gard, des départements alentours et plus largement de la région Sud sont invités à se manifester s’ils souhaitent être diffusés et écoutés. Je suis convaincu que beaucoup de ces groupes mériteraient d’être bien plus connus.
Penses-tu pouvoir te développer? Créer des partenariats?
Oui, clairement, mais toujours dans une logique cohérente avec l’esprit de Carnot. Le développement passera avant tout par des partenariats naturels : médias indépendants, webzines, salles de concerts, groupes, organisateurs. Je ne cherche pas une croissance à tout prix, mais plutôt à construire quelque chose de solide, crédible et durable. Si Carnot peut devenir un relais pour la scène rock indépendante et un rendez-vous régulier pour les auditeurs, alors le projet aura pleinement trouvé son sens. pour le moment. Pour le moment je ne diffuse que du vendredi au dimanche minuit mais dès que possible j’augmenterai le nombre de jours.
https://carnot.digital/public/carnot

Peintre et guitariste, adepte de Telecaster Custom et d’amplis Fender. Né en 1962 – avant l’invention du monde virtuel – pense que la critique musicale peut-être un genre littéraire, objet idéal pour un débat en fauteuil club millésimé.
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