Histoire navrante de Marius Paoli est un projet peu banal, mêlant musique indé et bd. Initié par Xavier Mathes ( rédacteur chez Dark Globe, ok!) mais aussi musicien aixois avec Picnic Republic, Mokassin, le travail associe des artistes rock marseillais Daniel Sani ( légendaire guitariste garage) , Vinnie Camescope ( Hey Ginger) et le dessinateur Marc Niggel, regroupés en collectif sous le nom pour le moins imagé , couleur locale et pittoresque de Aïolitemple!
A première écoute comme au premier regard, on pense à L’Histoire de Melody Nelson de Serge Gainsbourg qui aurait fusionné avec la trilogie marseillaise de Jean Claude Izzo et La faute à dégun, roman et thriller rock de François Thomazeau, paru chez Méditorial à la fin des années 1990 . Les auteurs/ scénaristes et compositeurs ne se cachent pas de ces influences, jouant avec l’ imagerie des polars marseillais et l’atmosphère de la ville au tournant 1960/70, tout autant qu’avec le son millésimé 1971 d’un des chefs d’œuvre Gainsbourien.
La musique d’ores et déjà enregistrée , est disponible sur le bandcamp d’Aiolitemple, déclinée en 12 titres, comme autant de chapitres qui déroulent la narration du récit. Mathes se plaît à utiliser la technique du talk over et le rythme de diction des textes comme ses intonations se calquent souvent sur ceux de Gainsbourg… Il y a beaucoup d’humour et de second degré dans ce qui pourrait frôler le pastiche dans le cas contraire. Ainsi le titre « Scoumoune à Endoume » va t-il jusqu’à associer une voix féminine imitant l’accent de Birkin, pour donner la réplique à Mathes qui nous raconte les déboires du héros de cette dégringolade. « Aïoli Temple » est un reggae qui évoque « Marilou Reggae » ou les expériences jamaïcaines de Gainsbourg sur l’album Aux armes et caetera ( 1979). Bref, si le collectif avait voulu rendre un hommage au beau Serge et au renouveau du polar made on Mars ( Izzo, Coulomb, Carrese, Scotto, éditions L’écailler du Sud etc, de la fin 1990 début 2000) il ne s’y serait pas pris autrement…
Pour l’heure le résultat promu par un teaser réussi, est tout à fait plaisant, se laissant voir volontiers et entendre sans ennui. Les musiciens réussissent l’exploit de retrouver le son créé dans les studios londoniens de Marble Arch, la basse sonnant aussi proche que possible de celle de Dave Richmond connu pour son jeu sur cordes nylon noires à filet plat… Ne manquerait que les arrangements de cordes de Jean Claude Vannier, mais il n’est pas besoin de pousser plus loin …
Une cagnotte participative est mise en ligne pour le financement des albums ( voir lien ci-dessous). Une soirée sera dédiée à cette « navrante histoire » le 27 mars, chute d’un tueur à gages aux états d’âme lancinants, avec un showcase donné à Lollipop records.
Lien Financement participatif: aiolitemple
https://aiolitemple.bandcamp.com/album/histoire-navrante-de-marius-paoli
Image mise en avant par (c )Marc Niggel avec l’aimable autorisation de Xavier Mathes pour Aïolitemple

Adepte de Telecaster Custom et d’amplis Fender. Né en 1962 – avant l’invention du monde virtuel – pense que la critique musicale peut-être un genre littéraire, objet idéal pour un débat en fauteuil club millésimé.