Pour ceux qui découvriraient aujourd’hui ce superbe groupe il faut d’abord comprendre que la culture hindoue et tout le folklore visuel qui va avec, en font en partie intégrante mais aussi la singularité. Ceci n’est pas une figure de style marketing mais bien une réalité, puisque Crispian Mills, chanteur guitariste, compositeur et leader du groupe, a été marqué dès son plus jeune âge par Krishna et le mysticisme qui y est associé. L’impact sur l’homme est durable et je dirai qu’il est à vie… My Sweet Lord ? Pas tout à fait…
Musicalement c’est en fin 1996 que les Kula Shaker, originaires de Londres, débarquent sur la scène avec un premier album intitulé K, dynamitant tout sur leur passage. La puissance du rock psychédélique joué par le groupe le propulse même à la première place du classement des albums. K c’est l’album qu’ il faut absolument avoir si vous aimez le style psychédélique et si vous souhaitez vous initier à Kula Shaker !
Trente ans après, avec une histoire plus ou moins mouvementée, entre polémique, remise en question spirituelle, séparation et reformation, depuis 2022, les anglais nous ont offert trois bons albums. Aujourd’hui Kula Shaker est plus que jamais au sommet de son art avec Wormslayer. Alors si ce disque n’est pas un retour en grâce réussi, je ne sais pas ce que c’est ?

Wormslayer, nom d’album curieusement guerrier pour des pacifistes convaincus, prônant l’amour (un pied de nez surement), nous renvoie un peu plus que ses deux prédécesseurs vers la profondeur du fondateur et multi récompensé album K , nous plongeant dans les atmosphères hypnotiques et enfumées dont Mills et les musiciens ont le secret. Toutefois je ne dirai pas que le groupe égale la maestria de son premier album tout simplement parce qu’il n’y a pas la puissance des titres imparables comme « Tattva », « Govinda » ou « Hey Dude » qui restent en mémoire dès la première écoute. Mais ce très bon album nous embarque de nouveau vers les cieux, pour approcher les divinités ( même si on ne croit en rien), comme sur le titre qui donne son nom à l’album et nous emporte pendant 7’30 . Un régal.
En 46 minutes l’album alterne entre psyché, rock, pop et folk, comme d’habitude finalement, et avec quelques hommages rendus. J’en veux pour preuve le titre « Broke as Folk » qui évoque de manière plus ou moins appuyée « Time » de Pink Floyd en intro, puis « Riders On The Storm » et « Light My Fire » de The Doors. Ou encore la voix d’intro avec effet de phase du très bon groovy et enlevé « Good Money » qui n’est pas sans me rappeler « Lucy In The Sky With Diamond » de qui on sait… Après tout on reste en famille.
Rien ne me gène dans toutes ses références, bien au contraire. Wormsayer est un très bel album plein de nuances, certainement le plus coloré en influences psychédéliques 60’s, qui met en lévitation, hypnotise fait danser par moments. Restant sur leur fondamentaux, sans jamais paraitre has-been, les quatre musiciens de Kula Shaker, formation d’origine, ont la même sincérité et là ce n’est pas un hasard… Idem en live, j’y viens. Puissance et béatitude…Oui! presque mystique… Ces impressions et sentiments sont tellement présents dans le groupe qu’on ne passe pas à côté. Et c’est exactement ce que j’avais ressenti fin 2023 au Point Ephémère (Paris), lors d’un concert que je ne suis pas prêt d’oublier tellement j’avais lévité. Mais, attention, Kula Shaker n’est pas un bon groupe de scène…Kula Shaker est un excellentissime groupe de scène! Qui est capable de transcender ses chansons et de les faire vivre de manière ultime… Il faut absolument les voir…c’est l’autre grande force du groupe ( avec la qualité de ses disques et de celui – ci, bien sûr). L’année commence très bien. Allez salut maintenant.
Liens vidéos : Kula Shaker « Good Money » /« Wormslayer »
https://kulashakerband.bandcamp.com

« Musicien d’alcôves tel un Winslow Leach, mais moins torturé (quoi que!) et sans Swan. Musicalement en solo mais avec ses fantômes. Autre expression artistique: Photographie. Couleur : 50 nuances de noir. Drogues indispensables : Rock’n’roll (quelle qu’en soit l’apparence), des mélodies et un peu de style ! «