Hard Hearted Woman est le neuvième album studio de la canadienne Ora Cogan. C’est son premier sur le label Sacred Bones. L’album, qui vient de paraître le 13 mars, est un mélange savant de folk, de country et d’influences psyché. Il est sauvage et spectral, avec des réminiscences gothiques qui accentuent un aspect sombre onirique.
Musicalement on est pris par la voix de la chanteuse qui laisse de la place au silence ( lourd), tout en aimant les orchestrations et instrumentations complexes. Dans ces chansons qu’on écoute il y a tout un instrumentarium de claviers ( orgues) et de cordes. Des guitares et des pedal steel, des mandolines aussi qu’on entend jouer sans cesse avec les nuances musicales des chansons.
Des nuances et contrastes il y en a beaucoup dans un album qui devient hypnotique. Cogan y démontre une assurance certaine de vocaliste . « Honey », premier titre, est mordant pour s’attaquer à un sujet peu facile ( lois anti-transgenres). Les accords lents et la réverb produisent une impression intense et une sensation de beauté. Idem dans « Division » . On reste souvent en apesanteur ou suspendu en écoutant la voix de la chanteuse qui évolue sur des mélodies qu’elle ne boucle pas toujours… Curieux effet.
Il y a de l’incertain dans cet album et de l’ambigu… Les titres sont des ballades imprégnées de culture américaine et de toutes ses brusqueries. Cogan choisit, comme une personnalité chamanique, de nous envoûter pour en résoudre les problèmes. On se laisse surprendre, presque emporter.
https://oracogan.bandcamp.com/album/hard-hearted-woman

Tombé dans l’indie pop dès son plus jeune âge, c’est irréversible désormais.