Alpine / Zurich EP

Disques | publié le 09 Mar 2012 par | 1 905 vues

Ce beau p’tit jour de Mars, tout allait bien, c’était la journée de la Femme et on s’était dit chez Dark Globe qu’on fallait fêter cela dignement. Malheureusement entre garçons. Mais au beau milieu de cette réception équivalente aux orgies les plus débridées de Puff Daddy, nous décidâmes que si une femme nous faisait un jour l’honneur de travailler au sein de notre immense rédaction, nous mettrions un point d’honneur à ce qu’elle reçoive les mêmes émoluments que nous (c’est à dire un salaire de bénévole). Mais on ne l’oublierait jamais au moment d’aller se boire des pintes de bières et d’avaler des cacahuètes au bistrot d’en bas.

Toute cette petite introduction très éloignée du sujet pour rédiger quelques lignes discrètes sur Alpine, qui comme son nom ne l’indique pas (et encore moins leur EP intitulé Zurich, quelle bande de petits farceurs) vient d’Australie (encore qu’une chaîne de montagnes là-bas s’appelle bien les Alpes Australiennes ; voila pour notre minute de géographie). Autrefois connu sous le nom de Swiss (ce qui démontre de leur part une obsession un peu malsaine et assez étrange pour les helvètes), ce sextet de Melbourne expose comme principale arme de persuasion ses deux chanteuses : Louisa James et Phoebe Baker. Alpine nous propose donc avec Zurich, sorti en Novembre 2011 de l’autre côté de la planète, une indie pop aux accents électroniques, aux voix s’étirant entre rêverie et nonchalance, aux paysages chimériques et contaminée par un sourd mal être. Cette tristesse étranglée s’immisce en contraste sur un "Heartlove" rock aux rythmes froids et voix détachées, par contagion progressive sur "Too Safe" ou subrepticement pour un "Tough Skin" aux allures de comptine dissimulant une tragédie, comme un terrible conte de fées : "Darling, when you come home, open up the door, all you find are bloodstains all over the floor". En comparaison du reste de l’EP "Icypoles" sonne comme le plus léger des morceaux avec sa petite mélodie à la guitare et ses voix que l’on imagine branchées sur le mode improvisation. Mais c’est "Villages" qui se détache comme un soleil noir de Zurich. Morceau totalement addictif avec ses riffs de guitares électriques comme de surprenantes réminiscences d’un Cat Power circa What Would the Community Think, ses voix au bord de l'asphyxie entre deux inspirations, cette étrange sensation d'inachevé dans la composition, cet entre-deux, délicate balance entre élégie et refrain pop. Atmosphère parfaitement retranscrite dans la vidéo où les deux jeunes femmes grimées comme des fantômes japonais sont sacrément flippantes. Notamment la rousse qui, avec son visage recouvert de mascara blanc et son rouge à lèvres, prend son rôle un peu trop au sérieux à mon goût.

En quelques morceaux, Alpine a dessiné un univers subtilement étrange et décalé porté en grande partie par l’harmonie toute en fragilité des voix de Louisa James et Phoebe Baker. Deux jeunes femmes avec qui nous viderions volontiers quelques godets, histoire de vérifier la réputation des australiennes en matière de boisson. Elles peuvent même venir avec leur maquillage qui fait peur.

En vidéo: "Villages"

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Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées du grand Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.