Bellini + Chick Peas – Sonic (Lyon), 27/09/09

Live | publié le 29 Sep 2009 par | 1 209 vues

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Cette rentrée 2009 est définitivement assez riche en évènements musicaux. Après les concerts des dix ou douze derniers jours au Sonic (Josef Van Wissem et Greg Kowalsky) et au Grrnd Zero (Jessica Bailiff et Anneliès Monseré, review à venir quand j'aurai réussi à dormir quelques heures) ce sont les Siciliens de Bellini qui ont le privilège de clore la semaine. Siciliens, pas tout à fait puisque Giovanna Cacciola (chant) et Agostino Tilotta (guitare) sont pour mon plus grand plaisir accompagnés par Alexis Fleisig (Girls Against Boys) à la Batterie et Matthew Taylor à la basse. Quatuor italo-américain donc, qui vient présenter son troisième LP, The Precious Prize of Gravity, sorti chez Temporary Residence.

Ce sont les locaux de Chick Peas qui ouvrent pour la soirée, un trio noise-rock qui fait plutôt dans le gros son bien tranchant et bien efficace : batterie, et pas de guitare, mais deux basses. Le chanteur alterne d'ailleurs les morceaux entre une SG 3/4 bien claquante, jouée en accords, et une jolie Rickenbaker plus ronde mais non moins présente (je ne sais pas si cela a quelque rapport mais je n'ai jamais rien trouvé à redire à quiconque jouait sur une Ricken. Et regarde juste en dessous ce qui se passe quand Chris Urbanowicz d'Editors laisse tomber la sienne). Chick Peas offre donc des titres rapides, ma foi assez enjoués, il y a peu de temps morts et avec la chaleur ambiante la péniche devient très très vite une bonne petite fournaise. Après une grosse trentaine de minutes, un morceau assez Rock'n Roll et une reprise bien inspirée d'AC/DC (me semble t'il) le trio quitte la scène et laisse la place à Bellini.

On se place devant pour profiter au mieux de ce qui fait à mon sens l'irréductible attrait de cette formation : la présence hallucinante de la chanteuse, dont la voix plutôt monocorde revêt au cours du set de multiples costumes, cris, chant désabusé ou aphone, spoken word cinématographique. Elle paye pas de mine comme ça, la petite Giovanna, avec son accent quand elle balance un "This band is called Bellini, thank you for coming to see us". Mais laissez la guitare envoyer quelques riffs, quelques dizaines de notes et elle se transforme aussitôt en égérie vocaliste puissamment habitée, avec ce mélange parfait d'exhubérance et de retenue, d'extravagance et d'introspection. Et puis, parlons en de cette guitare : derrière sa gueule défoncée, Agostino Tilotta est sans doute un des plus incroyables guitaristes qu'il m'ait été donné de voir sur scène. Peut être pas le meilleur (et pourtant la technique du bonhomme fait presque mal aux yeux a regarder tellement il est rapide) mais il a dans la façon de jouer une fluidité, une aisance, une capacité à enchaîner les arpèges glissées ultra mélodiques et les riffs dissonnants complètement destroy que ça en ferait presque tourner la tête. Je vous laisse imaginer ce que tout ça peut donner quand on a une section rythmique de haut niveau juste derrière. Et la paire Flaisig / West en est une belle, vous pouvez me croire sur parole.

Le noise-rock de Bellini n'a donc pas grand chose, voire rien en commun avec celui de ses contemporains. Ultra technique, mais ne tombant jamais dans la démonstration, posant breaks et arythmies là où on les attend le moins, le groupe envoie ses morceaux alambiqués, déconstruits ; il n'est pas rare de voir les musiciens changer de plan deux ou trois fois par titre, dans un synchronisme époustouflant. Vague après vague, il laisse le public spasmophile, subjugué et les yeux grand ouverts puis le mène vers un final grandiloquant, et enfin un rappel de deux morceaux (un instru, que Giovanna regarde ses acolytes jouer, mêlée au public) puis un morceau polymorphe comme le quatuor sait visiblement les concocter. On vient sûrement d'assister à un des meilleurs concerts de la rentrée, et ce qui est bien - c'est qu'on en a a pas encore la moindre idée. Reste l'album pour se confirmer tout ça. On en reparle très bientôt.

Photo : Hazam Modoff

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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).