The Warlocks en concert au Sonic

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Si elle nous a tout d’abord surpris par son effet inattendu, l’annonce de ce qui est sans conteste la date immanquable de cette rentrée nous a surtout fait grand plaisir : la venue des Warlocks à Lyon, tout d’abord prévue au CCO puis déplacée au Sonic, est le remède qu’on attendait à la morosité ambiante du retour au boulot : rien de tel qu’une bonne décharge de décibels dans les tympans pour oublier l’odeur tiédasse du café mêlée à celle du toner de la photocopieuse (qui ne nous manquaient pas le moins du monde quand on gonflait encore nos poumons d’oxygène à presque 3000 mètres d’altitude – oui, les six dernières lignes sont autobiographiques).

Bref, c’est avec un plaisir non dissimulé qu’on ira voir Bobby Hecksher entonner son dernier album, Skull Worship (et espérons-le quelques morceaux des albums précédents), brûlot kraut-rock psychédélique toujours construit de murs de guitares saturées, de son chant désinvolte et plaintif, et d’envolées sonores stratosphériques mais qui semblent pourtant vouloir nous plonger six pieds sous terre. « Dead Generation » ouvre l’album : sans doute le titre phare de ce disque, hymne à une jeunesse zombiesque, sacrifiée, incapable de se révolter ou même de communiquer, engloutie par un flot d’informations massif et ininterrompu. Skull Worship, considéré par Hecksher comme la pièce manquante à sa trilogie entamée avec Heavy Deavy Skull Lover (2007) et The Mirror Explodes (2009) pourrait bien être l’ultime effort, la dernière tentative de rallier à lui les amateurs de ce rock authentique, sombre, rugueux et crasseux, abandonnés et laissés pour compte depuis l’avènement des musiques électroniques et leur conquête quasi-absolue des ondes radio.

Il faudra être au Sonic le 3 septembre prochain, parce que les Warlocks sont un groupe véritablement unique ; parce qu’à chacune de leurs sorties d’albums – en tête, l’échec aussi cuisant qu’inexplicable de Surgery (2005), qui leur vaudra d’être foutus à la porte par leur label, Mute records – on s’est surpris à se demander comment le projet subsistait encore ; parce que Bobby Hecksher, dévoué corps et âme, la tient solidement et à bout de bras, son hydre, enregistrant à lui seul toutes les guitares de Heavy Deavy Skull Lover, luttant pour remplacer ses musiciens quittant un à un le navire, épuisés par le rythme frénétique auquel s’enchaînent enregistrements et tournées. Pourtant, depuis 2012 le line-up semble se stabiliser, laissant espérer un concert aussi mémorable que l’enthousiasme qu’a suscité chez nous l’annonce de la visite lyonnaise d’Hecksher et des siens.

The Warlocks + Brahma-Loka
Le Sonic / face au 4 quai des Etroits, Lyon 5ème
3 Septembre 2015 – 21h00 – 12 Euros

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Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).