Pour le dernier concert en intérieur avant de prendre leurs quartiers d’été au Parc Longchamp puis à la Citadelle de Marseille en plein air, le Makeda accueille ce soir ce groupe réputé de Los Angeles, avant-dernière étape de leur tournée européenne, avant Toulouse et la suite de la tournée aux Etats Unis.
En cette soirée tropicale, la climatisation de la salle arrive à point nommé pour respirer. Une courte mais agréable première partie du français Brain World (Lucas Chantre seul en scène avec clavier, guitare et machines) et nous voici d’emblée plongés dans un mood tranquille, fleurant bon l’été en mode farniente.
Un court changement de plateau et les 4 californiens des Allah–Las occupent sur scène, complétés par un musicien au clavier, installé sur le côté. C’est parti pour 1h15 de surf music et rock psyché aux relents sixties, en habillage moderne mais garanti d’origine. Outre leur passion connue pour la musique (plusieurs d’entre eux venant à l’origine des rayons du célèbre magasin de disques Amoeba Records de Los Angeles), les Allah-Las révèlent sur scène leur science du son.
Sans jamais, du moins dans la première heure, se départir de leur tranquille assurance ,appliqués mais décontractés, ils déroulent leur son, alternant tour à tour le chant lead ou entonnant des belles harmonies en commun. Le batteur Matthew Correia est particulièrement présent au chant sur quelques titres entrainants. Le temps du set, les Allah-Las nous transportent dans une Amérique fantasmée, où le public peut se sentir, au choix, sur la plage à admirer les surfeurs, ou entouré de visages souriants et de Stetsons (leur logo !) dans l’ambiance d’un saloon… Pour ma part, ce sera un plaisir d’écouter, depuis le quasi premier rang, les intros et riffs de guitare qui me font penser à du Brian Jonestown Massacre (définitivement installé dans le Top 3 de mes groupes favoris), sur les titres tels que « No Voodoo », « The Stuff » ou encore « Polar Onion »….D’aucuns y percevront du Byrds ou tout autre combo vintage de la côte ouest…


On ressent l’alchimie qui régit le groupe, lequel s’approche tout doucement de la vingtaine d’années d’existence. Spencer Dunham, bassiste et Pedrum Siadatian, guitariste lead, s’échangent d’ailleurs leurs instruments respectifs le temps d’un titre en milieu de set, comme ils ont pris l’habitude de le faire. Ce qui émane des Allah-Las, c’est une unité, une connivence entre eux, et le plaisir de nous servir les hits ou titres moins connus de leur qualitative discographie. Le public ne s’y est pas trompé (concert sold out depuis des semaines), pour une première date à Marseille. Quel bonheur de partager ce moment dans la plus petite des 3 salles françaises où ils se produisent cette année !
Les mélodies s’enchainent avec agrément, bien habillées au chant et à la guitare – mention plus à Siadatian à la 6 cordes, mais c’est le tout qui se démarque, l’univers que leur musique façonne. Une musique entrainante et soyeuse à la fois, démonstrative sans être racoleuse.
Les voir ainsi magnifie leur musique, car le son propre et lumineux de leurs disques ne reflète pas forcément l’énergie rythmique et guitaristique du quatuor en format live. Les dernières vingt minutes du concert seront d’ailleurs plus enfiévrées, avec le chanteur Miles Michaud sautillant en rythme sur place tout en jouant.

Je n’étais pas un grand spécialiste des Allah-Las avant le concert de ce soir (leur nom tarabiscoté ne m’avait jamais particulièrement attiré. Eh oui, je suis très sensible aux noms des groupes !). Mais leur art de la guitare m’a bien séduit. Rien ne manquait à cette soirée, pas même les images de palmiers et de plages, tant leur musique americana/surf les imprime direct dans la rétine.
Ce fut un concert feel good tout simplement réconfortant, une respiration au sens propre comme au figuré. La parenthèse enchanteresse s’est cependant évaporée en sortant du Makeda. Avec, rue Ferrari, les lourds trente degrés de cette fin de soirée.
https://allah-las.bandcamp.com/music
Photos (c) Guy Castagné/Dark Globe.
