A l’aune de la sortie d’un nouvel E.P (numérique), Vincent Bacharan et ses fidèles et talentueux musiciens (Florian Brinker, Laurent Elfassy, Rémi Vionnet), à la faveur d’une rencontre et d’un échange un soir de juillet, m’en apprennent davantage sur ce que je considère comme un des trésors cachés de la scène pop et alternative montpelliéraine, leur groupe: By The Bay.
Les quatre musiciens que je rencontre me feront aussi découvrir , en toute exclusivité pour les lecteurs/auditeurs de Dark Globe, un nouveau titre extrait du E.P à venir et m’expliquent comment s’est constituée la formation actuelle.
Fondé sur les cendres de Koacha qui fit les beaux jours , en pleine période Brit pop, d’un courant indé et alternatif, sur les scènes occitanes, parisiennes et espagnoles ( passage au Primavera Sound), By The Bay voit le jour en 2014 Tout d’abord dans le cadre d’un projet intimiste initié par Vincent, rapidement rejoint en 2015 par des comparses de longue date, excellents musiciens au demeurant (ce qui ne gâche rien ! ), le groupe fait figure de all stars band de luxe… Ceci au vu du pédigré musical de ses membres.
Loin de la frénésie précédente connue avec Koacha, Vincent et ses complices « prennent le large » , adoptant le rythme du « temps long » . « Stop and smell the roses » comme le chantait Dan Treacy de T.V Personnalities. Fort d’activités respectives individuelles (dont le surf, seconde passion pour Vincent ), le groupe privilégie le travail d’artisanat et d’ orfèvrerie pour composer et peaufiner ses morceaux. Suivre le rythme effréné, imposé parfois par nos sociétés modernes, n’est pas le maitre mot dans le processus créatif de By The Bay. En effet, le projet existe depuis 12 ans et on trouve seulement une dizaine de morceaux en écoute, sur les plateformes comme Spotify ou Bandcamp. La qualité ici est privilégiée plutôt que la quantité . L’intelligence humaine et l’intelligence du cœur, les rapports humains, sont les thèmes mis en avant dans les textes du groupe, rédigés dans la langue de Shakespeare.
Même si Vincent compose et écrit en solitaire dans son « home studio », très rapidement, me dit-il, il a besoin de confronter ses chansons à l’avis, à l’appui technique des autres membres du groupe. La créativité selon Vincent n’a de sens que si elle est partagée. Sans ses compagnons de groupe, les chansons de Bacharan auraient un corps, mais n’auraient pas ce supplément d’âme et d’inventivité qu’apporte la force du collectif .

Inspirées par les grands ( anciens ) maitres (Beatles/Bowie/Beach Boys), une sorte de trilogie qui servirait de « socle commun », les compositions de By The Bay retranscrivent 40 ans de musique britannique. Avec en point d’orgue la scène des années 90 ( Britpop), mais aussi la sunshine pop et la pop indé lo fi et home made américaine, vous pouvez vous faire une idée du groupe. Je pense à des références récentes ( mais moins connues ) comme Beach Fossil, Avy Buffalo , Time Impala… Car Vincent, Florian, Laurent, Rémi continuent à avoir une oreille avisée et aiguisée sur tout ce qui fait la pop moderne et indé actuelle. Je n’en doutais pas vraiment…
Ce qu’on remarque, à la première écoute des morceaux du groupe , c’est qu’ils sont tubesques en diable (« The Rose « , « Summer’s gone » – référencé Beach Boys ? -, « Sunset » , « Sometimes » ) et mériteraient aisément d’être tous mis en valeur dans l’écrin d’un support physique.
Sur scène on reste frappé (enfin, pas besoin de pansements si vous allez les voir prochainement sur scène) par l’ énergie (communicative ) qui est déployée, comme par un répertoire qui laisse entendre des morceaux plus sombres, plus complexes. D’autre part c’est la virtuosité des musiciens qui impressionne. By The Bay est l’affaire de gens qui connaissent la musique et savent ce qu’ils font…
En conclusion ? Avis aux amateurs de Rock et de Pop indé ( ainsi qu’aux labels, programmateurs de salles de concerts et de festivals ! ), il existe à Montpellier un groupe d’un première league ( vu avant Boo Radleys) qui devrait être plus connu qu’il ne l’est encore en ce début d’automne 2026, après dix ans d’existence…
En bonus, chose promise chose due et en exclusivité pour Dark Globe, » I don’t Want To Let You Go », nouveau titre, extrait du EP annoncé :
Photo (c) Patrick Verger / Dark Globe

Esprit Libre depuis 1703 et Esthète pop depuis 1984, je suis devenu « agitateur » par le biais de relations épistolaires avec des artistes tel que Philippe KATERINE, des associations, des fanzines, des labels dès le milieu des années 90. Par la suite, en co-animation d’émission radio sur l’ Eko des Garrigues dans la mythique émission « Salvador’s Dali Garden Party ». j’ai pu continuer à découvrir et défricher la pop, par divers chemins de traverse(s).