Efterklang – L’Epicerie Moderne (Lyon), 03/03/11

Live | publié le 04 Mar 2011 par | 3 101 vues

Je vais faire ce qu'il est de très mauvais ton de faire, tuer le suspense mais peu importe: ce concert d'Efterklang a été une réelle bonne surprise, une véritable bouffée d'oxygène en plein pic de pollution aux particules fines. On avait découvert (j'ai aussi appris hier soir que je n'étais pas le seul à écrire à la troisième personne pour vous donner l'impression d'une petite armée de rédacteurs aux claviers acérés) cette formation danoise un peu bizarre avec leur dernier album, Magic Chairs, sorti chez le prestigieux label 4AD. On s'était aussi penché sur les teasers de The Island, film de Vincent Moon auquel le groupe a pris part activement et qui est ce soir projeté en première partie.
Original de commencer la soirée par un film de cinquante minutes, mais si la réaction du public a été plutôt chaleureuse, l'exercice s'est avéré plutôt ennuyeux pour moi. Pas que le film soit mauvais, au contraire - il est plutôt réussi et je me garderai bien de faire quelque critique sur la réalisation - mais en jetant un oeil sur les amplis à coté de l'écran blanc sur lequel le film est projeté, j'aperçois les diodes qui me signalent avec leur lumière cynique que ceux ci sont bien allumés et je trépigne déjà d'impatience à l'idée des watts qu'ils ne vont pas tarder à cracher. Le rythme du film ne fera rien pour m'enlever cette idée fixe de la tête (désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher).

Après un demi-litre de Grihète et une rencontre bien sympathique avec un collègue blogueur du coin (Mes aïeux! On est en train de devenir une vraie petite famille) on se dirige vers la salle et la scène où Efterklang vient juste d'entamer son set. Sept musiciens sur scène, batterie, claviers, guitares, basse, et percussions sont de la partie - sans compter les sempiternels laptops - et le groupe est disposé sur scène de façon un peu anarchique, à la façon d'un Arcade Fire moins nombreux et un peu moins grandiloquent. Pourtant, la musique du septet n'a rien à envier à celle de leurs cousins canadiens: harmonies vocales, handclaps, Diantre! Si ces moustachus avaient les cheveux un peu plus longs et les rythmes un peu moins enjoués, on les taxerait volontiers de bon vieux hippies. Mais Efterklang est un groupe tout à fait dans l'air du temps, avec sa petite touche nordique et la bonne humeur de ses membres en plus - ce qui le rend plutôt irrésistible. Casper Clausen occupe avec brio le rôle de chef de cet orchestre au format réduit, dirigeant discrètement mais avec efficacité les autres qui le suivent, jouant du rythme des titres pour emmener l'auditoire captivé depuis un début assez low-tempo pour un peu plus tard visiter des terrains plus pop - et finir sur les morceaux les plus énergiques et dansants de son répertoire. Voilà un plan des plus simples mais qui aura suffi à ébouriffer les quelques deux cent personnes présentes ce soir, qui sont sans aucun doute reparties avec la certitude d'avoir assisté à un excellent set.

Une autre vidéo ici

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Posté par Lionel

cultive ici son addiction à la musique (dans un spectre assez vaste allant de la noise au post-hardcore, en passant par l'ambient, la cold-wave, l'indie pop et les musiques expérimentales et improvisées) ainsi qu'au web et aux nouvelles technologies, également intéressé par le cinéma et la photographie (on ne peut pas tout faire). Guitariste & shoegazer à ses heures perdues (ou ce qu'il en reste).