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Disques

Electric President / The Violent Blue

Si l’hiver est une excellente saison pour rester enfermé chez soi à écouter des disques, il n’est pas la période la plus propice à l’écriture – et je m’excuse auprès de mes quelques lecteurs avides et affamés de l’absence chronique de ces dernières – justement. J’essaie de rattraper un peu le retard accumulé avec ce nouvel album de Electric President, le troisième, avec lequel je découvre ce duo de Jacksonville (Floride) formé depuis 2003. Pas vraiment d’éléments de référence aux précédents albums donc, même si on peut lire ça et là qu’ils ont valu au groupe maintes comparaisons avec The Postal Service

The Violent Blue (quel titre intrigant, contrastant avec l’artwork plutôt bigarré lui) est un brûlot d’indie pop classieuse, tout au moins lorsqu’il prend le soin d’éviter les trappes sournoises de l’évidence – ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. « The Ocean Floor », titre d’ouverture quasi-ambiant ouvre la voie sous de longues nappes de claviers floutées d’effets, doublées de guitare acoustique et d’un piano discrets dérivant lentement vers « Mr. Gone », peut être le titre le plus réussi du disque, dont le refrain se pare d’accords étirés, allongés, de boîtes à rythmes subtiles. Le duo touche alors du doigt l’élégance même, comme il le fait à d’autres reprises, comme par exemple sur cet « Elegant Disasters » très pop rappelant les belges de dEUS de la grande époque The Ideal Crash, distillant une noise doucereuse et sucrée (les finaux « Eat Shit & Die » et « All The Distant Ships ») ou se laissant carrément retomber dans la new wave (l’excellent titre éponyme « the Violent Blue »).

Malheureusement le propos d’Electric President semble par moments manquer de justesse, les deux américains s’enchevêtrant aussi dans nombre de raccourcis faciles (les handclaps de « Safe & Sound »), abandonnant trop souvent le spleen et la mélancolie douce-amère qui font le charme des trois quarts du disque, au profit d’une certaine insousiance, suggérée, persistante, frolant la naïveté voire la béatitude (« Nightmare n°5 or 6 »). Ces petits écarts ne suffisent pas à gâcher le plaisir que The Violent Blue procure, mais il en altère quelque peu la cohérence. Il ne nous reste donc plus qu’à nous pencher sur les albums précédents pour voir s’ils souffrent du même symptôme, ou bien si au contraire, Electric President a entamé avec The Violent Blue une mutation intéressante.

En écoute : « Safe And Sounds »

[audio:http://loudfeed.s3.amazonaws.com/assets/20326/03_Safe_and_Sound.mp3]
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