Ayant écouté cette année bien plus de folk britannique et de diverses variations du genre ( de Nev Clay à Richard Dawson en revenant puiser chez Kevin Ayers ) que tout autre style musical, je me suis dit que je devrais essayer un petit pas de côté en cette fin 2025. Après une courte réflexion ce « pas » fût de danse ( ou presque) et ainsi suis- je parti fouiller dans les nouveautés electro, techno, voire disco de ce mois de décembre. Quelques recherches et présélections ont suffi pour que je m’intéresse au tout nouveau lp du norvégien d’ Oslo Prins Thomas. L’homme a fait ses preuves, compte des milliers de followers et son nom sonne comme celui d’un prince du clubbing. Dans ce royaume rien n’est acquis, il me faut donc entendre au plus près. Comprendre : écouter pour entendre.

Le norvégien n’est pas exactement un inconnu, donc aurais je dû chercher plus loin, plus rare? Dj et producteur Prins Thomas est actif depuis une quinzaine d’années au moins, dans un style entre krautrock, electro pop et dance. Avec une plus grande précision encore , l’étiquette idoine de son style personnel serait celle de space disco, sous catégorie qui n’ a bien sûr rien à voir avec le répertoire de Sheila début 1980… Les plus anciens se souviennent de son « Spacer », hymne disco hexagonal qui s’exporta fort bien. Quoique pourquoi donc moquer notre Sheila nationale et aduler Diana Ross? Mais je reviens à mon sujet…
L’ album ( dixième lp studio du Prins d’Oslo ) sur lequel je me suis donc penché via bandcamp, porte le nom véritable de l’artiste. Un signe ou je n’y connais rien ? On voit, sur l’image de pochette colorée de nuances de rose pale ( il y a une édition en format physique), un jeune garçon photographié de profil et qui, de par sa pose, ne nous regarde pas. Hermansen ( vrai nom de Prins Thomas) enfant ? Le propos de ce disque est il autobiographique ? Possible. Je n’ai pas beaucoup gratté dans ce sens, ne traduisant pas un seul mot de norvégien mais les textes sont rares dans cet opus. C’est donc aux titres seuls qu’il faut se référer. Mais je note que Thomas ne collabore pas ici avec son alter ego régulier Hans- Peter Lindstrom. Le disque se veut davantage personnel, on peut le penser. Qui plus est en regard du choix de son titre. La musique avec des machines n’élude pas la question humaine .
Sur un plan strictement musical la volonté d’expérimenter est évidente, ce qui fait plutôt plaisir. Il y a une touche psychédélique qui ne me déplaît pas, provoquant à l’écoute une sorte de griserie hypnotique agréable. Nous sommes ici et ailleurs . Les mélodies restent entre deux eaux (!) et n’emportent pas le morceau ( c’est une métaphore, vous l’avez saisie). Par contre les basses sont idéalement boostées et les séquences de synthés très catchy! « Denpasar til Bangkok » et « Sovnlos » flirtent avec l’acid house et le beat disco reste transversal à tout le lp, pour preuves les séquences de batterie et le jeu du charlé. Disco, house, acid house, techno/ electro… voilà quelles sont les couleurs entendues.
Cet album glisse sur vous sans heurt. Il pourrait être la bande son d’une longue « party ». Il s’agit assurément de celle de la vie musicale du dj norvégien. Loin de toute facilité cependant, ou de poncifs DJ’s, elle devrait coller idéalement à votre soirée du nouvel an, pourquoi pas?
https://prinsthomasmusikk.bandcamp.com/album/thomas-moen-hermansen

Redac chef chez Dark Globe, a le rôle ingrat! Adepte de Telecaster Custom et d’amplis Fender. Né en 1962 – avant l’invention du monde virtuel – pense que la critique musicale peut-être un genre littéraire, objet idéal pour un débat en fauteuil club millésimé.