Un nouveau LP qui n’est pas qu’un LP de plus, par THE LOVING DEAD
Je dois à l’intégrité journalistique qui me caractérise, de préciser que j’ai côtoyé The Loving Dead avant même de découvrir leur musique. Parce que dans la vraie vie j’avais eu à rencontrer Looping Murdock, le leader charismatique du groupe selon l’expression consacrée (et à mon humble avis). En d’autres temps ayant moi-même été jeune et musicien de rock, il m’avait alors paru tout naturel de sympathiser avec ce jeune musicien de rock sympathique… C’est ainsi que je m’étais retrouvé à partager un déjeuner entre mélomanes dans une brasserie pittoresque de la Pointe-Rouge à Marseille, ou à faire de la figuration avec mon petit chien, bien plus célèbre qu’eux à l’époque, dans leur tout premier vidéoclip, tourné par un dimanche glacial de février dans la zone commerciale de La Palud, près d’Aubagne si vous voulez tout savoir.
Les années ont passé, Looping Murdock n’a pas encore les cheveux blancs, mais il aura bientôt l’âge que j’avais lors de notre rencontre en 2012, année de formation du trio autour de sa famélique personne. La silhouette n’a pas changé, toujours longiligne, la voix s’est améliorée avec le reste et surtout, d’album en album, les The Loving Dead sont toujours là (ce qui justifie déjà à mes yeux cette chronique, entachée d’un sentimentalisme amical et presque d’une nostalgie que vous me pardonnerez… car la longévité est le premier petit miracle, dans le milieu des groupes de rock ! )
14 ans d’existence, donc, c’est déjà un bail pour la bande à Looping Murdock ( guitare /piano chant) auteur / compositeur. Il faut dire qu’après plusieurs changements de personnel, le groupe semble s’être stabilisé autour de son leader. Second petit miracle pour un groupe de rock, ça ne ronronne pas, d’où l’intérêt de ce nouvel opus !

de g à d : Number 6 ( drums, voix)/ Looping Murdock ( guitare, piano, chant)/ Kif ( basse, chant)
Du punk rock / post punk cold aux influences Ramones, Mc5, Joy Division, des origines, leur répertoire prend de l’ampleur et défriche un nouveau champ des possibles . Le LP, rodé au cours d’une longue tournée qui aura occupé le groupe durant le printemps et l’été 2025, a été enregistré au studio Spaccadula de La Penne-sur-Huveaune. On en doit les enregistrements et le mix à Fabrizio Acunzo, dont je ne vois aucune raison de dire du mal au vu du résultat. Le mastering est de Christophe Fresado, tout ça est franc et de bon goût. Même si les exégètes les plus exigeants discutailleront avec raison d’une production qui n’a peut-être pas les moyens des nouveaux enjeux clairement conscients du groupe.
Partant de formats initiaux très punks, le son, les compos, se sont accomplis sans se perdre, et le songwriting de Murdock s’est développé sans se renier, tandis que l’homme mûrissait en laissant courir ses doigts toujours plus librement sur le manche de ses guitares, pour aboutir à un jeu enrichi et des effets sonores bienvenus. Puisqu’on parle de guitare, c’est le moment de faire remarquer ce dernier morceau brut et joliment languissant au piano, enregistré dans une ambiance volontairement live acoustique et au titre curieusement français (bien que le texte soit comme d’hab en anglais : de français, il n’y a que l’accent, qui ajoute certainement au charme).
Bon, puisqu’on a fait le tour de la question, venons-en à enculer les mouches ! Même si c’est l’ancien batteur qui vous parle, n’y voyez pas outre mesure de parti-pris si je trouve cependant que la batterie gagnerait à être mise un chouia plus en avant. Les lignes de basse, elles, se sont enrichies d’influences métal non négligeables, qui n’étaient pas la signature de Tyl Durden, premier bassiste et membre cofondateur du groupe, mais les discussions en matière de lignes de basses n’ont à mes yeux guère plus d’intérêt que de discuter des mérites comparés des brunes, des blondes ou des rousses en matière de fesses : il en faut pour tous les goûts, mais l’important est que la viande tienne fermement à l’os comme le musicien se cramponne à son manche pour tenir le rythme (NDLA : je sens que cette phrase va même plus loin que mon ambition initiale…)
En conclusion, Dragoste est un LP qu’on espère de transition, non qu’on ne puisse le qualifier d’album de la maturité, mais parce qu’on ne peut que souhaiter à son écoute que l’aventure de The Loving Dead fasse encore du chemin ! J’irai même jusqu’à leur souhaiter du succès, car ils le méritent, quand on songe à toutes les merdes qu’on écoute patiemment par ailleurs…
https://thelovingdead.bandcamp.com/album/dragoste-lp-2025

Auteur, scénariste, dessinateur bd, ex batteur des Steaks, je teste l’électro pop intergénérationnelle! Papa du « Chien Saucisse « . C’est beaucoup pour un seul homme …