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Disques

US Christmas / Eat the Low Dogs

090902aLe truc super bien avec mes bandmates (que j’adore) c’est qu’on accorde à peu près aussi peu d’importance les uns que les autres aux dates d’anniversaire (bon, j’avoue quand même détenir la palme d’or assez haut la main). L’avantage incontestable de cet état de fait, c’est qu’on reçoit des cadeaux un petit peu tout au long de l’année! Et le dernier en date que j’ai reçu, c’est l’album de US Christmas, Eat the Low Dogs. Sorti en mai 2008 (on ne peut pas toujours être à la pointe de l’actu) ce troisième LP frappe d’emblée par sa noirceur, et son art de faire suffoquer l’auditeur à grand renfort de sonorités étouffantes et d’un chant hanté envoyé comme un dernier râle.

Originaire de Caroline du Nord, le sextet est présenté par Neurot Recordings comme plutôt discret et peu loquace, préférant le plus souvent laisser sa musique parler d’elle même. Et ce n’est pas au sens le plus figuré de l’expression, car la musique de US Christmas (USX comme ils disent) est un tel ascenseur émotionnel qu’il est vraiment ardu de trouver des mots à la hauteur des sensations qu’elle procure. D’abord, grâce à un son de guitare puissant, changeant de forme au gré des pistes, se mouvant d’envolées shoegaze distordues et planantes à la Madrugada à des refrains volontiers plus plombés, métalliques et grinçants – le tout servi par une batterie écrasante. Mais ce qui donne à US Christmas son caractère unique, c’est surtout le chant possédé de Nate Hall, un chant au teint de râle, fort, plaintif et claustrophobe, dans lequel se déversent douleur aigüe, frustration et colère si intenses qu’elles en deviennent physiquement palpables ; et puis, au delà des delays qui habillent les guitares et ralentissent le cours du temps, il y a ce theremin omniprésent, obsédant, qui vient habiller les parties les plus spatiales d’un rock schizophrène et traumatisant. Il se détache ainsi sur « silent Tongue » ou encore « Say, Sister », dont la rythmique toute en retenue, la lourdeur des guitares et les cordes lointaines, à peine perceptibles, en font un morceau carrément hypnotisant. Sur fond de western post-apocalyptique, les six lascars de US Christmas martèlent des sons bruts, trempés, hallucinogènes, bien au-delà des voies du raffinement psychédélique emprunté par Black Angels peu de temps avant eux. On pense aussi, de par les ambiances, à nombreuses références visuelles et cinématographiques… Jim Jarmusch qui aurait pu se perdre au milieu de Blade Runner tiens.

Mais au-delà de toutes ces images et évocations multiples, c’est surtout une noirceur nauséeuse qui domine tout le disque. On ne sort pas tout à fait indemne d’une écoute attentive de Eat the Low Dogs dans toute sa longueur ; il y a toujours ce sentiment de tristesse intense, de perte et de solitude qui vous domine et vous retient pendant les quelques heures qui suivent. C’est là un album étrangement sombre, explosif, fascinant et dangereux. A manipuler avec précaution.

En écoute : « the Scalphunters »

[audio:http://www.neurotrecordings.com/artists/usx/audio/TheScalphunters.mp3]
6 comments
  1. jessi

    awesome song. the voice reminds me a bit of the singer of the drones. fuck it all out.

  2. ArnD

    mais c’est vraiment du theremin ? j’ai pas le disque en vrai et j’ai tjs cru que c’était un oscillo moi…: o

  3. gérald

    bah a priori d’après ce que j’ai vu d’eux sur you tube, y a du theremin et surtout pas mal de synthé genre analogique…

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