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Insight

A l’ombre de Loveless : 10 groupes de shoegaze qui méritaient bien plus

Au début des années 1990, le shoegaze semblait promis à un avenir radieux. L’amateur de musique indépendante découvrait alors ce nouveau courant,  les guitares noyées dans la réverbération, les voix éthérées et les murs de distorsion hissaient les groupes comme My Bloody Valentine, Slowdive ou Ride à la pointe de la mode, redéfinissant une nième fois le rock indépendant britannique. En France on attendait fébrilement le passage de ces artistes sur notre territoire afin d’assister à ces concerts bruitistes, mais le phénomène sera de courte durée car très vite éclipsé au mitan des 90’s par le Grunge et la Brit Pop.

Le shoegaze n’a jamais été un genre de masse, à la différence de la Brit Pop. Point de Damon Albarn, Brett Anderson ou Jarvis Cocker, et même ses figures les plus célèbres ont connu, à l’époque, un succès commercial relativement limité. C’est dire de la seconde ligne de groupes qui, malgré des albums remarquables et une identité artistique forte, n’ont jamais vraiment dépassé le cercle des passionnés.

Paradoxalement, le genre est finalement entré dans l’histoire et perdure stylistiquement auprès de guitaristes du monde entier, s’essayant à reproduire le son si typique issu du Loveless de My Bloody Valentine. Cependant aucun artiste de ce type, à l’exception de Slowdive, n’a vraiment trouvé le succès auprès du grand public et une multitude de groupes issus de la première période ont sombré dans l’anonymat.

Pourtant Internet a fini par offrir une seconde vie à ces oubliés. Les rééditions en vinyle, les plateformes de streaming, les forums spécialisés et les communautés de collectionneurs ont permis de redécouvrir des trésors longtemps invisibles aux yeux du public. Certaines œuvres, ignorées à leur sortie, sont désormais adulées et considérées comme des classiques du genre.

Voici une sélection de 10 groupes devenus cultes ou bien tombés dans l’oubli… Il ne s’agit en aucun cas d’une liste exhaustive, le choix étant à la fois difficile et tout à fait personnel.

1 : Catherine Wheel

Parmi les groupes apparus durant la première vague shoegaze du début des 90, Catherine Wheel occupe une place à part. Souvent associé au mouvement aux côtés de Ride, Slowdive ou Lush, le quatuor britannique a rapidement dépassé les frontières du genre pour développer un son plus puissant, plus direct et résolument tourné vers le rock alternatif, définissant un chainon manquant avec la vague grunge naissante. Si le groupe n’a jamais atteint le statut de superstar, il a laissé une empreinte durable sur toute une génération de musiciens.

Fondé en 1990 à Great Yarmouth (Norfolk), Catherine Wheel réunit Rob Dickinson (chant, guitare), Brian Futter (guitare), Dave Hawes (basse) et Neil Sims (batterie). Après plusieurs EP remarqués sur le label indépendant Wilde Club Records et un passage dans l’émission de John Peel sur la BBC, le groupe signe chez Fontana plutôt que chez Creation Records.

En 1992, le groupe publie Ferment, un premier album produit par Tim Friese-Greene (Talk Talk). Porté par les singles « Black Metallic » et « I Want to Touch You », ce disque s’impose comme une référence du shoegaze grâce à son équilibre entre puissance et atmosphères aériennes.

Le groupe confirme dès l’année suivante avec Chrome (1993), produit par Gil Norton. Plus direct et plus énergique, l’album, emmené par le single Crank, rencontre un succès important, notamment aux États-Unis, et influencera des groupes comme Interpol ou Death Cab for Cutie.

Alors que la britpop domine le Royaume-Uni, Catherine Wheel s’oriente vers un rock alternatif plus musclé avec Happy Days(1995) et Adam and Eve (1997). Cette évolution renforce leur popularité aux États-Unis, où MTV diffuse régulièrement leurs clips, mais déroute une partie de leurs premiers fans.

En 2000, rebaptisé The Catherine Wheel, le groupe sort Wishville, sans retrouver le succès commercial de ses débuts. Les difficultés avec les maisons de disques conduisent rapidement à une longue pause qui deviendra une séparation. Malgré des rumeurs récurrentes, Catherine Wheel ne s’est jamais reformé..

La formation est aujourd’hui considérée comme l’un des maillons essentiels entre le shoegaze et le rock alternatif moderne. Des albums comme Ferment et Chrome continuent d’être cités parmi les classiques du rock indépendant des 90’s.

L’album indispensable : Ferment

2 : Chapterhouse

Il est clair que Chapterhouse mérite aussi une place de choix dans l’histoire du mouvement. Originaire de Reading, le groupe a signé avec Whirlpool, l’un des albums les plus importants du genre. Pourtant, malgré des critiques élogieuses et une influence durable sur plusieurs générations de musiciens, Chapterhouse n’a jamais connu le succès commercial réservé à certains de ses contemporains.

Formé en 1987 par Andrew Sherriff, Stephen Patman et Simon Rowe, bientôt rejoints par Jon Curtis et Ashley Bates, Chapterhouse débute avec un son marqué par le rock psychédélique et le space rock. Installé à Londres au tournant des années 1990, le groupe devient rapidement l’un des fers de lance de la scène shoegaze aux côtés de Ride, Lush, Moose et Slowdive.

Après les EP Freefall et Sunburst, Chapterhouse publie en 1991 son premier album, Whirlpool. Véritable classique du genre, le disque séduit par ses guitares tourbillonnantes, ses mélodies aériennes et ses influences psychédéliques. Porté par des titres comme Pearl, avec la participation de Rachel Goswell (Slowdive), ou Breather, il s’impose comme l’un des albums majeurs du shoegaze.

En 1993, le groupe prend un virage plus expérimental avec Blood Music, mêlant électronique et influences Madchester. Malgré des critiques positives, l’album peine à trouver son public dans un contexte dominé par la britpop, et Chapterhouse se sépare en 1994.

Redécouvert dans les années 2000 grâce au regain d’intérêt pour le shoegaze, Whirlpool est aujourd’hui considéré comme une œuvre incontournable du rock indépendant. En 2026, le groupe se reforme pour célébrer les 35 ans de l’album lors d’une tournée au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Aujourd’hui, Whirlpool est régulièrement cité parmi les albums essentiels du shoegaze. Son mélange unique de dream pop et de guitares saturées continue d’influencer de nombreux artistes. Si Chapterhouse n’a jamais connu la notoriété de certains de ses contemporains, le groupe demeure l’un des plus beaux trésors cachés de l’âge d’or du shoegaze. 

L’album indispensable : Whirlpool

3 : Revolver

Resté dans l’ombre, Revolver a développé une approche singulière du genre. Plus mélodique, plus accessible et parfois plus proche de la pop que de l’expérimentation sonore, le trio londonien a laissé derrière lui une discographie brève mais remarquable, devenue au fil du temps un véritable trésor caché pour les amateurs de shoegaze.

Fondé à Londres en 1990 par Mat Flint (chant, guitare), Hamish Brown (basse) et Nick Dewey (batterie), Revolver signe chez Hut Records en 1991 après avoir attiré l’attention de plusieurs labels indépendants. À la différence de nombreux groupes shoegaze, le trio privilégie des mélodies fortes et une écriture pop soignée.

Les singles Heaven Sent An Angel, Crimson et Venice imposent rapidement le groupe auprès de la presse britannique. Réunis sur la compilation Baby’s Angry, ces premiers enregistrements constituent le sommet de leur carrière, avec des titres incontournables comme la ballade Since Yesterday. Revolver partage alors l’affiche avec Chapterhouse, Slowdive, Teenage Fanclub ou Blur.

En 1993 paraît Cold Water Flat, un unique album plus ambitieux et teinté de psychédélisme. Malgré ses qualités, il ne rencontre pas le succès espéré et le groupe se sépare l’année suivante. Par la suite, Mat Flint poursuit sa carrière au sein de Hot Rod puis de Death in Vegas.

Longtemps resté dans l’ombre des grandes figures du genre, le groupe apparaît désormais comme l’un des plus beaux secrets de la scène indépendante Anglaise. Son mélange de mélodies lumineuses, de guitares rêveuses et d’émotion pop lui confère une place particulière dans l’histoire du shoegaze. 

L’album indispensable : Baby’s Angry (compilation)

4 : Curve

Curve a toujours été plus sombre, plus agressif et plus électronique que la plupart de ses contemporains. Le duo formé par Toni Halliday et Dean Garcia a développé une identité propre qui lui a permis de traverser les modes et les décennies sans jamais se démoder. Entre shoegaze, rock indus, dream pop et électronique, Curve demeure aujourd’hui l’un des groupes les plus singuliers et influents de sa génération.

Fondé en 1990 par la chanteuse Toni Halliday et le multi-instrumentiste Dean Garcia, Curve se distingue rapidement par un mélange inédit de shoegaze, de rock industriel et d’électronique. Signé chez Anxious Records, le duo se fait connaître dès 1991 grâce aux EP Blindfold, Frozen et Cherry, réunis par la suite sur la compilation The Way of Curve (anciennement The Way of Curve/Strange Fruit selon les éditions).

En 1992, Curve publie Doppelgänger, produit par Alan Moulder. Porté par des titres comme Horror Head, Clipped et Ice That Melts the Tips, l’album est aujourd’hui considéré comme un classique du rock alternatif des années 1990 et rencontre un succès important, notamment aux États-Unis.

Le groupe poursuit son évolution avec Cuckoo (1993), puis s’éloigne progressivement du shoegaze pour intégrer davantage d’influences électroniques, une orientation qui culmine avec Come Clean (1998) et les singles Chinese Burn et Coming Up Roses.

Capable de se réinventer à une époque où la plupart des groupes shoegaze disparaissent, Curve poursuit sa carrière jusqu’en 2005 avant d’annoncer sa séparation. Toni Halliday et Dean Garcia se consacrent ensuite à leurs projets personnels.

Longtemps resté un groupe culte, Curve est aujourd’hui considéré comme l’un des pionniers du mélange entre shoegaze, rock alternatif et électronique. Son influence se retrouve chez de nombreux artistes des années 1990 et 2000 comme Garbage, tandis que Doppelgänger demeure une référence incontournable du genre. Plus de trente ans après ses débuts, Curve reste l’une des formations les plus novatrices de la scène alternative britannique. 

L’album indispensable : « Doppelganger »

5 : Pale Saints : 

Parmi les groupes qui ont façonné l’identité du shoegaze, Pale Saints occupe une place particulière en créant l’une des œuvres les plus raffinées du genre. Entre shoegaze et dream pop céleste aux guitares vaporeuses et mélodies mélancoliques, le groupe incarné à merveille l’esthétique du légendaire label 4AD.

Formé en 1987 à Leeds par Ian Masters (chant, basse), Graeme Naysmith (guitare) et Chris Cooper (batterie), Pale Saints tire son nom d’un album d’Eyeless in Gaza. Repéré par Ivo WattsRussell, le groupe signe chez 4AD en 1989 et se fait connaître avec l’EP Barging Into the Presence of God, porté par le titre Sight of You.

En 1990, Pale Saints publie The Comforts of Madness, aujourd’hui considéré comme l’un des albums fondateurs du shoegaze. L’arrivée de Meriel Barham, ancienne membre de Lush, enrichit ensuite le son du groupe, une évolution qui culmine avec In Ribbons (1992), souvent considéré comme leur chef-d’œuvre.

En 1993, Ian Masters quitte le groupe à la suite de divergences artistiques. Pale Saints poursuit avec Slow Buildings (1994), un album plus accessible qui ne rencontre pas le succès espéré. Après le départ de Meriel Barham en 1995, le groupe se sépare définitivement l’année suivante.

Pale Saints a connu une véritable réhabilitation au cours des années 2000 et 2010. Les albums comme The Comforts of Madness et In Ribbons figurent désormais parmi les références incontournables du genre. Leur influence se retrouve dans nombreuses formations Dream pop et Shoegaze contemporaines et son œuvre, à la fois fragile et ambitieuse, continue de fasciner les amateurs de guitares atmosphériques plus de trente ans après sa création.

L’album indispensable : The Comforts of Madness

6 : Moose

Très appréciés dans ces pages, les Londoniens de Moose ont joué un rôle essentiel dans l’émergence du mouvement shoegaze. Moins médiatisés que leurs contemporains mais tout aussi influents, ils ont néanmoins laissé une empreinte durable sur la scène indépendante.

Fondé à Londres en 1990 par Russell Yates et Kevin McKillop, bientôt rejoints par Jeremy Tishler et Damien Warburton, Moose signe rapidement chez Hut Records. Produits par Guy Fixsen, leurs premiers EP deviennent des références du shoegaze naissant, au point que le terme « shoegazing » serait né lors de l’un de leurs concerts.

En 1992, le groupe publie ...XYZ, un premier album salué par la critique. Refusant de se cantonner au shoegaze, la formation fait ensuite évoluer son style vers une pop plus acoustique et mélodique, influencée par Tim Buckley, Burt Bacharach ou encore les Byrds.

Après Live a Little, Love a Lot (1996), le groupe ralentit son activité avant de publier un ultime album, High Ball Me!, en 2000, puis de se séparer. Kevin McKillop rejoindra ensuite Piroshka aux côtés de Miki Berenyi (Lush).

Largement estimés par la presse spécialisée mais sans succès commercial, Moose demeure un secret bien gardé des amateurs de musique indépendante.

L’album indispensable : « …XYZ »

7 : Adorable

Véritable paradoxe que l’histoire d’Adorable, le groupe possédait tous les ingrédients pour devenir l’un des grands noms du rock UK des années 90’s, il n’a jamais rencontré le succès que beaucoup lui prédisaient et demeure l’un des groupes les plus injustement oubliés de la première vague shoegaze.

Fondé à Coventry en 1990, Adorable réunit Pete Fijalkowski (chant, guitare), Robert Dillam (guitare), Stephen Williams (basse) et Kevin Gritton (batterie). Avec son mélange de guitares inspirées de Ride et de mélodies héritées d’Echo & the Bunnymen, le groupe se démarque par une attitude plus affirmée que la plupart des formations shoegaze de l’époque.

Signé chez Creation Records en 1992, Adorable connaît un succès immédiat avec le single Sunshine Smile, numéro un des classements indépendants britanniques. Suivent I’ll Be Your Saint, Homeboy et Sistine Chapel Ceiling, qui imposent le groupe sur la scène internationale.

En 1993 paraît Against Perfection, aujourd’hui considéré comme un classique du shoegaze. Son successeur, Fake (1994), plus sombre et introspectif, ne rencontre pas le succès espéré. Fragilisé par les tensions internes et ses relations avec le label, Adorable se sépare à l’issue d’une tournée européenne en 1994, laissant une empreinte durable malgré une carrière de seulement quatre ans.

Longtemps éclipsé par les géants du shoegaze, Adorable a retrouvé la place qui lui revient dans l’histoire du rock indépendant britannique. Son premier album, Against Perfection, est aujourd’hui régulièrement cité parmi les œuvres majeures du genre et demeure l’un des plus beaux symboles de cette génération.

L’album indispensable : Against Perfection

8 : The Telescopes

Lorsque l’on évoque les pionniers du shoegaze, on ne pense pas forcément aux Telescopes, pourtant ces pionniers expérimentaient déjà un mélange fascinant de bruit, de psychédélisme et de dream pop. Plus radicaux que la plupart de leurs contemporains, ces musiciens ont toujours préféré l’exploration sonore à la recherche du succès commercial.

Fondé en 1987 dans le Staffordshire par Stephen Lawrie, The Telescopes développe dès ses débuts un son mêlant noise rock, psychédélisme et influences du Velvet Underground, de Suicide et du krautrock. Après plusieurs premiers enregistrements sur Cheree Records, le groupe publie Taste (1989), un album devenu une référence de l’underground britannique, porté par le single The Perfect Needle.

Signé ensuite chez Creation Records, The Telescopes affine son approche avec les EP Celeste et Flying, avant de publier The Telescopes (1992), un album plus mélodique mais toujours marqué par des guitares abrasives. Malgré l’accueil enthousiaste de la critique, des divergences artistiques conduisent à une première séparation en 1994.

Au début des années 2000, Stephen Lawrie relance le groupe avec une nouvelle formation. Depuis, The Telescopes poursuit une trajectoire résolument expérimentale, explorant le drone, l’ambient, l’improvisation et l’électronique, loin des formats traditionnels du rock.

Contrairement à beaucoup de ses contemporains, Lawrie et ses musiciens n’ont jamais recherché le succès commercial et demeurent l’un des groupes les plus singuliers issus de la première vague shoegaze . Aujourd’hui, Stephen Lawrie continue d’explorer de nouveaux horizons sonores, fidèle à l’esprit aventureux qui animait déjà ses premiers enregistrements à la fin des 80’s.

L’album indispensable : The Telescopes

9 : Secret Shine

Parmi les nombreux groupes qui ont émergé lors de la première vague shoegaze, Secret Shine demeure l’un des plus sous-estimés. Le groupe de Bristol a pourtant construit une discographie remarquable, faite de guitares enveloppantes, de mélodies rêveuses et d’une sensibilité pop héritée de la scène indépendante du début des 90’s. Longtemps resté dans l’ombre, Secret Shine est aujourd’hui redécouvert par une nouvelle génération d’amateurs de dream pop et de shoegaze.

LFondé à Bristol en 1990 par Jamie Gingell et Scott Purnell sous le nom d’Amelia’s Dream, Secret Shine débute chez Sarah Records avant d’adopter son nom définitif. D’abord influencé par l’indie pop du label, le groupe évolue rapidement vers un shoegaze mélodique proche de My Bloody Valentine.

Entre 1991 et 1994, le groupe se fait remarquer grâce aux singles « After Years », « Ephemeral » et « Loveblind ». L’arrivée de la chanteuse Kathryn Smith enrichit les harmonies vocales, tandis que Untouched (1993) s’impose avec le temps comme un classique culte du shoegaze.

Après l’EP Greater Than God (1994), le groupe met son activité en sommeil en 1996. Reformé en 2004 à la faveur d’un regain d’intérêt pour sa musique, Secret Shine poursuit depuis sa carrière avec plusieurs nouveaux albums, tout en restant fidèle à son identité sonore.

Les amateurs de shoegaze considèrent aujourd’hui Secret Shine comme l’un des trésors cachés de la scène shoegaze, un groupe dont l’influence dépasse largement la notoriété.

L’album indispensable : Untouched

10 : Swervedriver

Au sein de la galaxie shoegaze du début des 90’s, Swervedriver occupe une place à part.En effet, alors que la plupart de leurs contemporains privilégient les atmosphères éthérées, les musiciens d’Oxford (comme Ride) injectent dans leur musique une énergie qui puise autant dans le rock US que dans la scène indépendante UK. De ce mélange nait un son puissant, qui fait de Swervedriver l’un des groupes les plus respectés du genre.

Fondé à Oxford en 1989 par Adam Franklin et Jimmy Hartridge, bientôt rejoints par Adrian Vines et Graham Bonnar, Swervedriver signe rapidement chez Creation Records grâce à la démo Son of Mustang Ford. Mêlant shoegaze, rock alternatif et influences américaines, le groupe se distingue par ses guitares saturées et son univers inspiré par la vitesse et l’automobile.

Les EP Son of Mustang Ford, Rave Down et Sandblasted précèdent la sortie de Raise (1991), un premier album salué par la critique. Après un changement de section rythmique, Swervedriver atteint son sommet avec Mezcal Head (1993), produit par Alan Moulder et porté par le single « Duel », aujourd’hui considéré comme son chef-d’œuvre.

Malgré la qualité de Ejector Seat Reservation (1995) et de 99th Dream (1998), le groupe souffre de difficultés liées à l’industrie musicale et se sépare après ce dernier album.

Reformé en 2008, Swervedriver retrouve le chemin des studios avec I Wasn’t Born to Lose You (2015), puis Future Ruins (2019), confirmant que son inspiration demeure intacte.

Longtemps considéré comme un outsider du shoegaze, Swervedriver bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance quasi unanime. De nombreux amateurs considèrent Mezcal Head et Raise comme des classiques du rock alternatif des 90’s. Leur capacité à fusionner l’intensité du rock US avec les textures du shoegaze leur a permis de vieillir mieux que beaucoup de leurs contemporains. Plus de trente-cinq ans après sa formation, Swervedriver demeure l’un des groupes les plus originaux et influents de la scène indépendante britannique.

L’album indispensable : Mezcal Head

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