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Axel Brémond – « David Bowie, les masques d’une vie »

David Bowie, les masques d’une vie est la troisième publication du musicien et auteur marseillais Axel Brémond, consacrée à la culture pop/rock. Tombé tout jeune dans l’univers de David Bowie via une compilation appartenant à son frère aîné, nous dit- il en préambule, il semble que Brémond n’en soit jamais  vraiment sorti… Son livre, une étude de plus de 300 pages, aborde toute la complexité du musicien anglais, de ses débuts mods londoniens à l’ultime représentation de lui-même en Lazarus rejoignant l’autre monde. C’est l’ouvrage d’un fan expert mais surtout un portrait habile et transversal d’un artiste incontournable.

Brémond choisit ainsi l’optique de l’analyse, plutôt que celle de la description. Il évite la seule succession chronologique des faits qui ont marqué la longue carrière de David Jones et nous immerge dans l’esprit voire l’âme de son sujet… L’angle d’approche analytique s’appuie avec pertinence sur les différentes incarnations de Bowie dans ces personnages nés de son imaginaire, souvent en liens étroits avec sa vie réelle… En comprenant mieux le fonctionnement de la psyché en mouvement d’un Bowie se construisant et se déconstruisant sans cesse ( ne met-il pas  fin lui-même aux aventures de Ziggy Stardust son héros glam-rock ?), nous apprenons à le connaître. L’homme joue avec des hétéronymes qui ne cesseront jamais de se croiser, réalisant un maillage de son œuvre. Observation notable, le Bowie post 1980 ira même jusqu’à intégrer ses incarnations passées à ses nouvelles créations ( ainsi le retour du Major Tom dans « Ashes to Ashes »). La discographie de Bowie est un univers …

Egocentré Bowie ? Théâtral, extraverti ? Pluriel et ne pouvant choisir entre l’une ou l’autre des tendances de sa personnalité ? Ou encore joueur sinon cabotin trash ? Au fil de la lecture des 20 chapitres structurant le texte d’Axel Brémond, l’auteur nous permet d’élaborer notre propre idée, n’imposant pas la sienne. On réalise combien Bowie  (pseudo piqué au personnage joué par Richard Widmarck, dans le film Fort Alamo en 1960) fût utile à David Jones pour se maintenir à flot, en santé, échapper à la crainte de l’étoile noire… Cette crainte de la perte de soi , bien décrite, est ressentie dès l’adolescence de l’artiste en devenir au travers de la maladie de son frère Terry atteint de schizophrénie. Le travail d’Axel Bremond le montre parfaitement: c’est la multiplicité qui est ici salvatrice et unifiante. Bowie s’évite de devenir A Lad Insane – ce qu’il laisse à Aladdin Sane .

Le texte de Brémond, très documenté , est éclairé de citations et de références précises. Sans surcharge il reste fluide à la lecture, ce qui n’était pas forcément gagné en regard de l’approche retenue par l’auteur . Stylistiquement l’écriture non heurtée d’Axel Brémond est entièrement au service de son sujet tumultueux, lui. Brémond ne se laisse pas déborder par son enthousiasme de fan palpable. Il reste maître de son propos et nous conduit, sans digressions inutiles, tout au long d’une durée qui débute dans les années 1950 et se termine en 2016. Résultat, on suit avec intérêt le flux vital et la créativité peu commune d’un artiste complet (Bowie  fût comédien de théâtre dans les années 1960, acteur de cinéma, mais aussi auteur , créateur multi -médias ce qui est moins connu), comme l’évolution de l’ homme intime non conventionnel (pour le moins) qui ne voulait pas devenir rock star, statut finalement dépassé et trop réducteur pour lui.

Axel Brémond démasque t-il David Bowie ? Je ne suis pas sûr que son intention se trouvait uniquement là. Sa vraie réussite est l’écriture d’ un texte qui joue avec les visages d’un même homme. Ceci est la tâche de l’écrivain. Sur ce point  il réussit à son tour une œuvre, reflet de l’insaisissable Thin White Duke  de retour entre ses lignes.

Photo Axel Brémond (c) Dark Globe

Livre paru chez City Editions, 26/08/2026 ( collection Biographie)

Axel Brémond est musicien, auteur et compositeur au sein du groupe post- punk The Loving Dead ( Marseille). Il est également chroniqueur de Formule 1, et membre de l’équipe de rédaction de Dark Globe.fr.

Autres publications chez City Editions: Légendes et drames du rock (2024 ) / AC/DC Electric Story (2025)

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