Clinic viennent de publier Wild In The Streets, leur dixième album en trente ans d’existence. Toujours teintée de psychédélisme , de bizarreries et de contrastes, la musique du groupe est portée par des rythmiques urgentes qui n’annihilent jamais les mélodies, et elle est une nouvelle fois traversée par ce sens de l’humour si particulier qui caractérise l’esprit du duo fondateur.
Il y a quelque chose de surréaliste chez Clinic, et on aime ça. Rien n’est direct et une chose renvoie à une autre… C’est de guingois, intelligent, jamais gratuit. Ade Blackburn et Jonathan Hartley jouent avec des tendances qui créent des dissemblances stylistiques pour proposer des pistes inattendues. Blackburn favorise les mélodies quand Hartley poursuit ses recherches électro et rythmiques ( reggae / funk) . Au final, les ordonnances des toubibs fonctionnent et les lunatiques gambadent sur la pelouse ( Ha, ha, ha !)…Psychédélique!
Wild Un The Streets maintient le groupe au delà du mainstream indie ( oui, il existe!), voire des habitudes ou des maniérismes du genre. Clinic sont à part, on s’en est rendu compte depuis qu’on les suit, dans un chemin bien à eux . Si j’osais une comparaison je dirais, qu’à l’instar de certaines tendances d’arts visuels, Clinic réalisent des…collages ( sonores), associant des images musicales d’horizons différents. La vidéo réussie de « You and I », extrait du nouvel lp, en est un parfait exemple. Animation de formes et figures découpées, combinées selon un fil conducteur en déambulation, croisant traces, traits et éléments graphiques comme produits par une écriture automatique hors du contrôle conscient, elle est l’ illustration idoine de l’art biscornu et intrigant de Clinic.
S’ il y a de l’intellectualisme et du conceptuel chez Clinic, on trouve aussi du fun et un beat qui donnent envie de se trémousser sous les néons de longs couloirs blancs ( fin de phrase métaphorique, bien sûr). Surréaliste, disais- je ? Lp de la semaine.
https://clinicband.bandcamp.com/music

Adepte de Telecaster Custom et d’amplis Fender. Né en 1962 – avant l’invention du monde virtuel – pense que la critique musicale peut-être un genre littéraire, objet idéal pour un débat en fauteuil club millésimé.