Iconic Fugues…Sous ce patronyme étonnant se trouve la nouvelle formation d’Andrew Savage (Parquet Courts), qui en marge d’une parenthèse en solo, se lance dans un nouveau pas de côté. Et ce lancement sans fanfare se passe à la Citadelle de Marseille en ce 26 septembre, pour le tout premier concert du groupe.
Désormais résident marseillais, A. Savage nous propose cette expérience à la maison et en tête d’affiche de la seconde édition du festival Endless, un évènement positionné sur la défense de l’esthétique rock indé, une initiative bienvenue dans la Cité Phocéenne.
Après le concert des marseillais Hantayo et le set des texans Holy Wave et leur ambiance psyché/shoegaze réussie, les Iconic Fugues – dont on ne sait rien – se préparent tranquillement.
Le public, en partie international, semble attendre beaucoup de cette nouvelle formation. Et je me sens tout aussi impatient de les découvrir. D’autant plus que le graphiste en chef des pochettes de disques des Parquet Courts, A Savage himself, a également dessiné le visuel de l’affiche de l’Endless festival, laquelle m’a sauté aux yeux quelques jours auparavant, lors d’une balade en bord de mer.
Présentations. Andrew Savage est bien sûr au chant et à la guitare, le compositeur et producteur londonien Steven Dove à la guitare, Santiago Aldunate, leader du groupe précédent Hantayo à la basse, et pour la batterie, Dylan Hadley, batteuse de San Francisco ayant officié par ailleurs dans White Fence, le groupe de Tim Presley. Felipe Léon Ortega, en excellent saxophoniste, rejoindra quant à lui ses acolytes à mi-parcours du concert.

La configuration live est d’emblée singulière (même si habituelle pour Andrew) : Andrew et Dylan se font face, à chaque bout de la scène, proches du public.
Le premier titre dans une belle mouture folk, ne présage pas complètement de la suite. Dès les morceaux suivants, les Iconic Fugues nous gratifient d’ une énergique série fortement marquée par le style de chant et de compositions de Savage, autant dire un vrai régal pour les fans des Parquet Courts. On note une entame ultra rapide des titres, bien en phase avec la batterie et des cascades de guitares, sur des morceaux qui semblent un peu plus étirés que ceux de sa fameuse formation d’origine.
Dans une veine plus roots que Parquet Courts, Savage nous offre, sur les titres plus lents, un chant au timbre folk particulièrement touchant. Toujours très concentré sur son micro, souvent les yeux fermés, il prend néanmoins le temps de présenter ses musiciens, de remercier le public marseillais et l’organisateur du festival (Geoffrey, dit Jojo), ainsi que de faire applaudir les groupes précédents.
Les 11 titres de rock indé teintés de folk blues par moments, tissent un magnifique ensemble dans la belle enceinte de la cour intérieure de la Citadelle Saint Nicolas. Le concert se termine en majesté sur de riches arpèges de Steven Dove. Pour résumer, une première date courte (48 mn), mais diablement intense.
Les Iconic Fugues quittent la scène sans un rappel, mais on retrouve Andrew Savage, enfin tout sourire, officiant au stand merch pour proposer des T shirts, ainsi que la première production du groupe, une cassette 2 titres (avec le morceau d’ouverture (« 2025 Blues »), made in Marseille, en série limité 50 exemplaires. Un futur collector ?
C’est l’occasion d’échanger brièvement avec le héros du soir, qui me confirme que les Parquet Courts ( off depuis la fin de la tournée 2022) ne sont finalement pas éteints, un concert étant prévu à New York en décembre. Bonne nouvelle !
Quoi qu’il en soit, les Iconic nous consoleraient largement, si au hasard du temps, les Parquet Courts ne visitaient pas de sitôt la France. Et si cette expérience Iconic Fugues n’était qu’éphémère, on restera sur le souvenir d’un très réussi « one shot ». Quoique Marseille peut continuer à jouer sa carte : outre Andrew Savage, Steven Dove travaille aussi pour partie du temps dans son studio marseillais, ce qui peut faciliter les choses !
Quant au festival Endless, après les Black Lips en 2025 et Iconic Fugues cette année, on ne peut que lui souhaiter poursuivre sur cette même lancée. Dans tous les cas, nous restons inconditionnels de l’iconique Andrew Savage. Et peu importe s’il fuguait encore de l’un ou l’autre de ses groupes respectifs…
Set list : « 2025 Blues »,« Le Mistral »,« Sister Uncertain »,« Lover In Armor »,« Anything Is Possible Now », « Woman Inside », « Together We Could »,« Evidence Of Life »,« Butterfly »,« Perfume Formula »,« Halogen Heart »
photos/ vidéo (c) Guy Castagné /Dark Globe.fr
