New Order – « Hellbent »

News | publié le 19 Mai 2011 par | 2 072 vues

Et mes yeux se levèrent alors vers le ciel, appuyés par un soupir d'agacement, échos d'une rage muette à l'annonce de cette nouvelle : le 6 Juin sortira une énième compilation de New Order. Intitulée Total, elle propose une approche qui s'apparentera à une hérésie pour beaucoup: réunir sur une même galette des morceaux de Joy Division et New Order et affirmer officiellement pour la première fois sur un support physique que les corbeaux gothiques dépressifs et les défoncés à l’ecstasy hédonistes ont bel et bien apprécié le même groupe. Loin de moi l'idée de disserter ici sur qui sont serviettes et torchons dans une telle compilation.

Pourtant si l'annonce d'une telle sortie ressemblait avant tout à un nouveau foutage de gueule pour les fans et malheureusement pour moi l'occasion de raquer entre 15 et 20 euros pour des morceaux déjà achetés plusieurs fois, j'y découvrais aussi et tout de même l'occasion de me frotter les mains.

Car la compilation proposait ce qui pour tout fan de New Order est l'équivalent d'un serpent de mer: un morceau inédit appelé "Hellbent". Restait à savoir d'où venait celui-ci puisque Hooky et Barney ne se parlent plus depuis maintenant six ans. Il est de notoriété publique que huit morceaux supplémentaires ont été enregistrés durant les sessions de Waiting for the Sirens Call mais gardés sous cloche depuis pour différentes raisons. L'idée que Hellbent puisse venir de ces enregistrements avait de quoi refroidir les ardeurs dans la mesure où le dernier album des Mancuniens était une grosse déception.

Mais pas besoin d'attendre le 6 Juin pour écouter cet inédit puisque celui-ci a été dévoilé le 18 mai via la page Facebook du groupe. Première impression du morceau: une intro très rock, réminiscente du peu engageant "Slow Jam" de l'album Get Ready et un Barney qui débute son chant avec son classique et surtout pas très inspiré  "Old friend, what are you doing out there?". La sensation de déception ne dure pourtant pas longtemps et l’on se retrouve rapidement en terrain connu: gimmicks musicaux que l’on détesterait partout ailleurs (les "yeah, yeah yeah"; les choeurs blacks, les solos de guitare, les parties de piano venues du début des nineties) mais acceptés ici avec un sourire béat, numéro d'équilibriste entre la mélancolie de la voix de Barney et cette irrépressible envie de danser, un exercice qu’ils sont les seuls à maîtriser aussi bien, louvoyant entre claviers et guitares, entre dance music et rock pour offrir a nouveau une parfaite pop song et sans oublier cette incroyable capacité à engendrer un refrain entraînant à partir de nulle part. Et toujours, toujours la basse de Hooky...

J'aime les petits plaisirs dans la vie. Un morceau inédit de mon groupe préféré en est un et cela d'autant plus que c'est un évènement rare et pas près de se renouveler. "Hellbent" est peut-être l'équivalent d'une face B d’un énorme single imaginaire de New Order mais c'est toujours mieux que l'ensemble du pathétique album de FreeBass et de la majeure partie de celui de Bad Lieutenant (les nouveaux groupes de réciproquement Hooky et Barney). En fait, écouter "Hellbent" aujourd’hui, c'était ouvrir un cadeau avant Noël, s’offrir une bouffée de nostalgie, retrouver des amis après une longue séparation et entendre Barney qui vous explique: "Do you know what I mean , I'm trying to say I'm sorry". Et là, en pleurs vous lui répondez: “Moi aussi mon gars, moi aussi”.

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Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées de Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.