Odessey & Oracle ne vous est peut- être pas familier si vous ne connaissez pas la scène indépendante lyonnaise. Rien de grave, mais il est alors juste temps de vous rattraper puisque le groupe annonce la fin de son histoire. Ceci au moment exact où sort ce qui est son nouvel album et qui sera son dernier…
Technicolor, qui sort le 18 septembre, est un objet pop , délicieusement décalé comme l’était le groupe. La musique de Odessey & Oracle – nom inspiré du lp culte de The Zombies – est cinématographique , un peu prog et fin sixties et d’une certaine manière rebelle. Elle est moderne au sens où on le pensait, heu, hier dirais- je, ce qui est in fine une oxymore parce qu’elle est ,du coup , d’un modernisme vintage … En conséquence on ne la saisit pas facilement, mais c’est pourtant un bonbon acidulé , bien que piquant ( cf la nature des textes aux sujets sociétaux ) ce qui en fait ( faisait ) tout son charme.
En bref, je ne saurais dire d’où elle est venue et où elle allait , sans , pour autant, me sentir perdu à son écoute. Menée par le chant de Fanny L’Héritier, la musique du groupe est un univers en couleurs! On s’y laisse entraîner sans résister, comme notre regard pourrait se laisser entraîner par des images qu’on lui montrerait et qui le feraient rêver agréablement. Le plaisir ressenti l’emporte sur les resistances. C’est cool. On lache prise.
Technicolor est un album en cinémascope… Je tente cette définition . Le groupe m’a mis lui- même sur cette voie avec un titre comme « Des rêves en cinémascope ». Je ne saurais mieux vous résumer mon experience auditive ( spatiale ?) avec un groupe qu’on regrette déjà. Lp sorti divers formats, label Dur et Doux.
https://odesseyandoracle.bandcamp.com/album/technicolor

Adepte de Telecaster Custom et d’amplis Fender. Né en 1962 – avant l’invention du monde virtuel – pense que la critique musicale peut-être un genre littéraire, objet idéal pour un débat en fauteuil club millésimé.