Au milieu des années 1980, David Bowie, enfin à l’aise financièrement après le succès de son album Let’s Dance en 1983, s’installe durablement en Suisse afin d’y mener une vie aussi « normale » que possible malgré son statut de personnalité publique, avec son fils, Duncan.
Il s’installe sur les hauteurs de Lausanne, dans le château du Signal et poursuit une existence qui, si elle est loin d’être monacale, est rythmée par des activités simples et banales. Entouré de quelques amis proches, il joue au tennis, va au restaurant et fréquente les studios d’enregistrement de Montreux (il y enregistrera notamment son album Never Let Me Down et celui d’Iggy Pop, Blah Blah Blah).
Parmi ses fréquentations, se trouve Sandro Sursock, le précurseur du punk en Suisse. Il est musicien dans les groupes The Bastards et Zero Heroes, proche de Keith Richards et Iggy Pop, et devient rapidement ami de Bowie. Les deux hommes passent beaucoup de temps ensemble, regardent des films, écoutent de la musique, skient et font la fête : « Il venait très souvent chez moi. On écoutait des disques et on regardait des VHS. On traînait beaucoup ensemble, chez moi, dans ce que j’appelais à l’époque “le musée du rock’n’roll”que j’avais à la maison : c’était une toute petite pièce remplie de Dinky Toys, de bandes dessinées et de disques des années 1950 et 1960. Il adorait être là-dedans. Il prenait une bouteille de vin et emmenait Carlos Alomar, Iggy Pop, Peter Frampton, Nastassja Kinski et Yoko Ono. C’était très agréable, très relax. » confie Sandro dans le livre David Bowie, les masques d’une vie (City Editions, 2026).
Les deux hommes sont tellement proches que lorsque David doit choisir un témoin pour son mariage avec Iman en 1991, il se tourne sans hésitation vers son ami Sandro. Cette relation et cette quête de normalité de Bowie, le réalisateur suisse Benjamin Kraatz, a décidé de la mettre en lumière dans un documentaire de 26 minutes intitulé David Bowie’s Secret Friend.

David Bowie’s Secret Friend : The Switzerand years (1984-1994)
Fan absolue de Bowie, Benjamin Kraatz a vu une opportunité rêvée de dévoiler une autre facette de la star britannique à travers sa relation avec cet ami secret, témoin d’une période privilégié dans la vie de l’artiste : « Je suis un fan de David Bowie depuis 1983 quand à l’âge de 8 ans j’ai découvert le clip Let’s Dance. » nous explique Benjamin avant de poursuivre : « J’ai rencontré Sandro l’automne passé, par l’intermédiaire d’amis communs, Oktay Gürbüz, consultant historique de l’histoire du rock, et Jean-Lou Steinmann, qui signe la photographie studio du documentaire. Je suis devenu immédiatement ami avec lui. Et lorsqu’il m’a raconté “son” Bowie, qu’il a fréquenté énormément pendant 10 ans – ils ont fait les 400 coups ensemble – j’ai découvert des facettes du Caméléon que j’ignorais complètement, alors que sur presque 45 ans, je pensais avoir tout lu, tout entendu sur mon idole. Et cela m’a fasciné. Automatiquement, je me suis dit qu’il fallait que la communauté des fans ait accès à ces connaissances très méconnues, tout en rendant hommage à Sandro et à son parcours extraordinaire. »
A travers le témoignage de Sandro et des photos inédite de cette période issue des archives personnelle de Sursock mais aussi de celles de Philippe Auliac, un des photographes attitrés de Bowie depuis les années 1970, ce documentaire dévoile l’homme derrière le personnage public, souvent insaisissable et tellement fascinant : « C’est un film de 26 minutes qui jette un coup de projecteur sur l’homme David Jones dans la vie de tous les jours, loin des paillettes et des plateaux. C’est très touchant. Et surtout, plusieurs personnes qui ont vu le film en avant-première m’ont fait des retours dans l’esprit: “On est contents d’avoir la confirmation que notre idole était quelqu’un de bien.” Par ailleurs, il s’agit d’une confession sincère et inédite, donc touchante. Bowie chante dans Lazarus: “Everybody knows me now”, mais pas de cette manière. » confie encore Benjamin.
Pour mener à bien ce projet, un financement participatif (dont le lien se trouve en bas de l’article) vient d’être lancé afin de récolter des fonds en échange de nombreuses contreparties rares et inédites : « Ce film documentaire, destiné aux télévisions internationales, est déjà tourné, monté et pré-mixé. Mais il nous reste quatre étapes majeures et incontournables à accomplir. Terminer l’étalonnage, le mixage et le mastering (aux normes techniques exigées par chaque support de diffusion), finaliser les versions du film sous-titrées, en anglais, en allemand et en espagnol et enfin, le vendre et le diffuser au Marché du film du festival de Cannes 2027. Les distributeurs et les plateformes de streaming y négocient et achètent les droits de diffusion des films.«
« Je souhaite que notre film soit vu par le plus grand nombre possible. Cette entreprise a un coût: location stand, séjour, dossiers de presse, promo, frais de représentation. Le financement participatif nous sert pour tout cela. Nous avons des contreparties aussi belles que rares pour certaines, comme celles de Philippe Auliac, photographe officiel de Bowie depuis 1976, qui a soutenu ce film en nous fournissant des photos rares et inédites de sa collection. »
Le film a déjà fait son petit bonhomme de chemin, comme nous le précise encore Benjamin : « Nous avons tourné les prises de vues en studio et en extérieur de décembre à février, et parallèlement, jusqu’au mois de juin, je traitais l’énorme quantité d’archives personnelles que Sandro a eu la gentillesse de partager avec moi. Au mois de juillet, on projetait en avant-première mondiale au 60ème Montreux Jazz Festival, lors de la soirée de clôture en hommage à Bowie. »
« Le film met en exergue une amitié, la musique et la peinture de la star qui aurait 80 ans en 2027, ainsi que les chemins de pénitence liés aux consommations de substances déraisonnables. Et dans cette confession apparaît une Suisse vécue de manière surprenante par David Bowie et Sandro Sursock »

Bowie France : le relais des fans de Bowie francophones
Le documentaire est soutenu par le fan club français officiel de David Bowie qui organise deux projections exceptionnelles le 30 octobre (voir le lien en fin d’article). Il est destiné à être projeté dans plusieurs villes comme Berlin ou Amsterdam avant d’entamer un périple encore plus lointain une fois les derniers éléments mis en place
Isabelle Added-Durand, la présidente de Bowie France, n’hésite pas à soutenir toutes les initiatives qui mettent en valeur l’œuvre de David Bowie : « Bowie France est né en 2013. Petit à petit, il a grandi pour devenir un fan-club, puis une association. Le but de Bowie France est avant tout de faire vivre et de promouvoir l’œuvre de David Bowie, tout en faisant plaisir aux fans. J’essaie de partager un maximum d’informations sur son actualité, de faire découvrir des choses, d’organiser des jeux-concours et, bien sûr, de réunir les fans autour de la Convention Bowie France [ndlr : un événement qui se tient à Paris chaque année]. L’idée, c’est de faire vivre cette passion ensemble et de créer des occasions de partage entre fans. » nous explique Isabelle. »
Soutenir le documentaire de Benjamin Kraatz qui parle d’une période et d’un personnage très méconnu (même des fans les mieux renseignés) est donc une évidence pour Isabelle : « Aujourd’hui, Bowie France rassemble plus de 15 000 abonnés, ce qui me permet de donner de la visibilité à des événements et à des projets autour de David Bowie. C’est aussi une plateforme de partage et de soutien pour toutes les personnes qui organisent des événements ou développent des projets autour de Bowie. Je ne connaissais pas Sandro Sursock avant de rencontrer Benjamin et de découvrir son documentaire, que j’ai trouvé formidable. C’est aussi ça qui me plaît dans ce genre de projet : découvrir des personnes et des histoires qui ont contribué, à leur manière, à l’univers de Bowie. »
On sait que David Bowie avait planifié, sur plusieurs années, de nombreuses sorties discographiques avant sa disparition. Mais malgré cette programmation pilotée par l’artiste lui-même, il reste encore de nombreuses choses inédites à découvrir pour les fans, et Sandro Sursock en fait partie. Ce documentaire existe pour le prouver.
Le financement participatif : https://wemakeit.com/projects/david-bowie-s-secret-friend
La projection en avant-première à Paris : https://fb.me/e/6wN5FI7n8

Amateur et pratiquant de musiques rythmées et de tout ce qui va vite. A ainsi sévi sur ampli Orange et Strat comme sur vélo de course à trois plateaux en côtes et descentes. Rêve de Formule 1 (pas l’hôtel) sur la Riviera. L’adolescent qui sommeille toujours en lui relit souvent des vieux Rock & Folk.