Giana Factory + Sinister Folks / Pop-in (Paris), 06/06/11

Live | publié le 22 Juin 2011 par | 2 063 vues

Cher Monsieur DarkGlobe, à nouveau tu vas penser que tu reçois de mes nouvelles bien trop tard. J’imagine tes yeux s’agrandir en ce regard de reproche que je ne connais que trop bien. Mais que veux-tu... Parfois même avec les moyens de communication les plus modernes, on ne fait que s’exprimer en retard.

Cette petite introduction pour t’avouer que j’ai bien regretté que tu ne m’aies pas accompagné au Pop In le lundi 6 Juin. Tout d’abord, parce que la salle de concert cachée dans la cave par laquelle tu arrives en passant au premier étage, il faut que je te l’avoue: j’ai eu du mal à la trouver. Et puis arrivé 21h40, je m’emmerdais déjà au milieu des habitués. Alors qu’avec toi, j’aurais sûrement moins eu l’air d’un handicapé social dans ce repaire de popeux. Nous aurions aussi pu nous moquer du pseudo poète qui planté devant une affiche de Grinderman 2 (je te laisse chercher sur Google images) expliquait : "les loups, c’est beau. C’est beau, surtout quand c’est claqué comme cela"...

Avec toi, j’aurais été moins désabusé devant la pathétique première partie appelée  Sinister Folks au style obscur, à la mise en place aléatoire et au chanteur à la voix défaillante et fausse. Ce dernier avouera qu’il s’agissait de leur premier concert : on aurait pu le deviner mais surtout l’espérer. A leur crédit néanmoins, une bassiste au style Hookyen et aux collants noirs et blancs. Pas assez pour sauver un set bien trop long et ennuyeux aux chansons sans saveurs.

Et l’heure passait donc en attendant les esthètes du moment : Giana Factory. Les trois jeunes femmes prenaient la scène aux alentours de 23h00 et éclairaient automatiquement de leur grâce et élégance la sinistre cave du Pop In en débutant avec un "Bloody Games" toutes émotions dehors. Étrangement, la minuscule salle de concert offrait alors un cadre quasi intimiste à la cinquantaine de spectateurs. Loin de céder à la facilité et de reproduire à l’authentique leurs galettes, Loui, Sofie et Lisbet nous proposaient en live des versions alternatives de leurs morceaux: un Trippin’ survitaminé taillé pour les dance floors, un "Pixelated Truth" aux guitares acérées, un "Dirty Snow" encore plus terrifiant dans cet environnement et un ultra catchy "Dive". Rarement musique électronique n’aura paru aussi bien maîtrisée (quel contraste avec la première partie) et émouvante. Force était de constater que Giana Factory sait frapper là où cela fait mal. Et malgré le tenace et méchant rhume de la chanteuse Loui, les trois jeunes femmes donneront durant tout le concert l’impression d'apprécier ces quelques cinquante minutes partagées avec le public parisien. Cerise sur le gâteau, les filles offriront un nouveau morceau de 8 minutes ("My Power Obey"?) aux accents rave avant de conclure en beauté leur concert avec le désormais classique et entêtant "Rainbow Girl".

Devant mon excès d’enthousiasme déployé pour ce groupe de jeunes femmes, j’avoue avoir parfois peur d’avoir perdu mon sens du jugement. Raison pour laquelle il aurait été pratique d’avoir un Monsieur DarkGlobe avec moi. Nous aurions pu en discuter autour d’un burger du Quick de la Gare de l‘Est en attendant le Noctilien 140 de 1:05 direction la Verriere.

D’ailleurs, Monsieur TheMonk aurait pu venir lui aussi. Il m’a dit que le match de foot était tout pourri de toutes manières. Pffff... T’avais raison, Monsieur DarkGlobe, les trucs à distance, c’est vraiment nul.

crédit photo: kidplastic

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Posté par Francois-Marc

Grand consommateur de Baby Carottes et de sorbets au yuzu, j'assume fièrement mon ultra dépendance au doux-amer, à l'électropop bancale et chétive, aux musiciens petits bras ainsi qu'aux formes épurées du grand Steve Ditko. A part cela? Il y avait péno sur Nilmar.