Will Sergeant, guitariste d’Echo and The Bunnymen vient de fêter ses 68 ans. Voici l’occasion de mettre un coup de projecteur sur ce guitariste essentiel de toute la période Post-punk/New Wave, doué d’un talent de composition qui, plus 40 ans après, fait encore mouche.
Sergeant a apporté un son que les autres n’avaient pas ou peu. Son jeu de guitare a amené des mélodies imparables, des ambiances post-punk tendues, ou des rythmes acérés au psychédélisme ténébreux, mais aussi parfois plus léger. Je pense aussi à un autre orfèvre des volutes et maitre d’œuvre de génie…Johnny Marr de The Smiths… à eux deux, il y a une paire fondamentale du jeu de guitare New Wave- fin de la parenthèse – Back to the future…
Nous écoutons les volutes de Will Sergeant en 2026 et pourtant, dans les oreilles, nous sommes bien au début des 80’s, période au cours de laquelle, de 1980 à 1987, cinq albums d’Echo and the Bunnymen vont façonner la légende. Will est comme un peintre qui pose la toile de fond et dessine d’un coup sec des lignes et contours, sans démonstration exhaustive mais tranquillement au service de la chanson. Il suffit d’écouter une fois « The Killing Moon », chanson iconique du répertoire des Bunnymen, pour en être convaincu. Si la magie opère en vous, je vous garantis que c’est pour la vie… Et que cette volupté ressentie est bien de celles dont la nature vous donnera des frissons permanents.
En 1988 les Bunnymen se séparent. En 1989 et 1992, Ian McCulloch sort deux très bons albums solos. Puis en 1993 Ian et Will se réconcilient, donnant naissance en 1995 à Electrafixion, un side projet avec un album à la clé. Les résonnances indé/post-grunge de Burned ne trouvent pas leur public, alors qu’ il y a du bon, dont deux chansons en collaboration avec Johnny Marr…tiens tiens… Puis l’aventure en groupe redémarre avec cinq albums de 1997 à 2014…Bref, il y a matière à découvrir les volutes et le son de Will Sergeant. L’homme n’a pas chômé.

Photo (c) Dark Globe. Will Sergeant en 2017
Question « guitar gear » – c’est à dire son et matériel -, le guitariste est associé à la Fender Jaguar, la Telecaster ( à ses débuts) ou la Vox Teardrop Mark XII, guitare 12 cordes. Il est aussi resté fidèle à l’ampli Roland JC 120 à transistors, couramment utilisé par beaucoup de new waveux créateurs du style, ou au Twin Reverb, ampli à lampes. Mais aussi aux pédales Boss, peu onéreuses, qui délivrent un son plutôt froid et restent des références pour bon nombre de musiciens. Ce qui ne manque pas de m’amuser quand j’entends ce Sergeant a été capable de sortir comme sons uniques , alors que je vois beaucoup de groupes avec des pédalboards valant trois smic…qui sonnent tous pareils…hum. Pour vous faire une idée précise, l’album Heaven Up Here (1981) restera un brillant exemple du son de Will au sein des Bunnymen.
Alors icône des 80’s ? Bonne question ! Icône des connaisseurs, oui ! Génial créateur et incontournable acteur de la scène musicale indé…c’est indéniable (!). Happy birthday Will Sergeant.
Photo mise en avant Will Sergeant 2026 par (c) Rod Brakes pour Boss

« Musicien d’alcôves tel un Winslow Leach, mais moins torturé (quoi que!) et sans Swan. Musicalement en solo mais avec ses fantômes. Autre expression artistique: Photographie. Couleur : 50 nuances de noir. Drogues indispensables : Rock’n’roll (quelle qu’en soit l’apparence), des mélodies et un peu de style ! «