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Animals 50, édition augmentée de l’album Orwellien du Pink Floyd

En janvier 1977, alors que la vague punk londonienne bat son plein et qu’un certain Johnny Rotten arbore un t- shirt « I Hate Pink Floyd », le groupe prog originaire de Cambridge publie Animals, lp aussi conceptuel que rock et commercialement suicidaire… Roger Waters, en passe de prendre les plein-pouvoirs au sein du Pink Floyd, co- fondé dix ans plus tôt avec son ami d’enfance Syd Barrett, s’inspire de La ferme des animaux de George Orwell pour dire tout le mal qu’il pense des relations de pouvoir , de soumission et des compromis qui régissent les sociétés occidentales… Les tournées nord américaines de fin 1976 et 1977, durant lesquelles pointent par ailleurs de premières tensions entre les membres du groupe, lui ont donné du grain à moudre sur bien des points… En vrac, public inattentif, show business prenant le pas sur l’art, pressions sociales nombreuses et personnalités politiques qui ne savent pas enrayée le déclin économique britannique de la fin 1970, ont mis à vif les nerfs du bassiste. Les utopies de la jeunesse des années 1960 ont fait long feu. La misanthropie de Waters commence à poindre.

Après Wish You Were Here et Dark Side Of The Moon, Animals est parfois perçu comme l’album qui clôt une trilogie. Celle où le Floyd atteint son sommet créatif de la période post années 1960. A sa sortie, le disque fait toutefois moins consensus que ses deux prédécésseurs. Les trois longs titres « Dogs », »Pigs », »Sheep », encadrés par la ballade folk acoustique « Pigs On The Wings » en deux parties, ne sont pas de possibles hit singles mais tout au contraire des pièces musicales complexes, contrastées et violentes. Elles sont jouées par un groupe resserré et tendu ( à tous les sens du terme), qui n’est pas indifférent à son époque malgré le succès récolté. Chez les fans et la presse musicale, on n’accroche pas forcément dans l’instant à un disque qui change des ambiances de WYWH, se comprend sur la durée et se mérite toujours de cette façon exigeante.

Animals, qu’il faut ranger parmi les très grands disques de rock, est une oeuvre d’une rare intensité . On ne se relaxe pas à son écoute : le solo final de « Pigs » , par exemple, laisse Gilmour– ici à son meilleur comme Mason impressionnant à la batterie- tout balayer sur son passage, démontrant la puissance du groupe … Le Floyd de Animals n’est absolument pas celui de The Wall. L’immense succès du double lp , n’est pas pour autant le signe d’ une musicalité et d’une profondeur égales à celles de l’opus de 1977. Animals est à part, au dessus du lot, il domine toutes les productions de rock prog de cette période.

De l’eau a coulé dans la Thames river, derrière la centrale de Battersea depuis qu’elle servit de géniale et iconique illustration pour cet album mémorable. Animals a cinquante ans et Rotten ( redevenu Lydon en 1978) a déclaré qu’il ne pensait pas vraiment ce que disait le tag de son T- shirt. Sans doute l’ex Sex Pistols perçut – il toute l’explosion et la rage de Animals? Ceux qui la revendiquent n’ont pas l’exclusivité de la rebellion.

Pink Floyd – Animals 50 , en pré- commande, sortira le 22 janvier 2027. Si vous avez aimé Animals , cette réédition augmentée est une bonne nouvelle. Elle n’a rien de superfétatoire ce qui pourrait être vrai si nous n’avions à faire qu’à une opération commerciale parmi d’autres. Le coffret propose versions rares , pistes inédites ( dont un titre de Roger Waters), un enregistrement du mythique concert au Oakland Coliseum en 1977, ainsi que des images encore jamais vues parmi celles des sessions photos réalisées par Hipgnosis ( livret couverture dure). L’ensemble a du sens. On est curieux de découvrir la gestation en amont de la première édition de 1977 et des versions alternatives des chansons , quand bien même certaines avaient pu nous parvenir sous formes de bootlegs dans le passé.

50ème anniversaire, coffret deluxe lps, CD, Blu-Ray & Digital.

nb: pour aller plus loin, je conseille la lecture de Animals par Philippe Gonin ( 2025) aux éditions Le Mot et Le Reste.

Voir aussi notre article sur l’album de 1977 https://www.darkglobe.fr/pink-floyd-animals/

Images (c) Sony Music

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