Né sur les cendres de l’expérience Jeux Cruels, dont il conserve 75 % de l’ADN en évacuant tout le superflu, The Pottery Club s’affirme comme une anomalie réjouissante dans le paysage indépendant. Formé par un trio d’irréductibles — Klaf (basse et chant lead), Stef (guitares et chœurs) et Fab (batterie et pads électroniques) , le groupe façonne un post-punk racé, teinté de new-wave et d’une électronique artisanale qu’ils nomment affectueusement le « couin-couin ».

Textes au vitriol et exigence de studio
Chez The Pottery Club, on revendique haut et fort le statut d’artisans. Si l’anglais est relégué au rang de matière purement décorative, le français est quant à lui manié avec un cynisme redoutable. Leurs textes égratignent les nostalgiques d’un passé idéalisé avec des punchlines frontales qui marquent les esprits, à l’image de ce vers implacable :
« Ultra blindé du cerveau, retranché dans ma tour, je préfère tomber au combat que dans l’oreille d’un sourd. »

Une écriture ciselée qui refuse net les facilités et les figures imposées. Côté production, l’exigence est totale : le groupe s’autoproduit de bout en bout et ne laisse rien au hasard. Entre une basse en avant-plan qui rappelle l’urgence des Stranglers ou de Joy Division et des arrangements électroniques millimétrés (où chaque sample du Roland SPD OneWAv Pad est calibré au millimètre), le soin apporté à la fabrication des morceaux est chirurgical. Une rigueur qu’ils transmettent sur scène, où le trio défend un set 100 % compositions originales, rejetant catégoriquement la facilité des reprises.
Du garage à l’apocalypse bretonne
Leur géographie scénique est à l’image du projet : atypique et sans compromis. De la Secret Place montpelliéraine aux scènes alternatives de la région, en passant par des étapes aussi improbables qu’un concert sur une île sous une pluie bretonne d’apocalypse ou dans un garage automobile, The Pottery Club rôde sa formule partout où l’on accepte de brancher du matos.
Et pour les programmateurs qui croiseraient leur route, la fiche technique pose les bases d’entrée de jeu : balances carrées, et catering s’accompagnant d’un refus catégorique et définitif du tofu qualifié sans détour par le groupe d’« invention du diable ».
Entre urgence scénique, production de studio maniaque et second degré permanent, The Pottery Club prouve qu’on peut être des musiciens pointilleux sans se prendre au sérieux. À découvrir de toute urgence sur scène et sur les plateformes.

Guitariste, passionné de musiques rock et fondateur de Carnot, le repère du son : webradio rock indépendante ancrée dans le Sud de la France.
Épicurien du son.