Hier soir, je reçus un message m’annonçant le décès soudain d’Olivier Libaux. Le choc.

Je me suis alors remémoré les moments d’échanges si proches, que j’ai pu avoir avec cet artiste aussi discret que passionné qui, en plus de 30 ans de carrière, eut la multitude de projets que les esthètes connaissent. 

Ma première rencontre musicale avec Olivier Libaux se fit par l’entremise de son excellent album Imbécile, interprété par quelques membres de mon panthéon musical français: Helena Noguerra, Philippe Katerine, JP Nataf et Barbara Carlotti. Je réécoute souvent cet album sublime, aux mélodies entêtantes et soignées et, en partageant un jour sur les réseaux sociaux ma passion pour l’œuvre, j’eus la bonne surprise de recevoir un message sympathique d’Olivier, que j’avais taggué dans la publication. Libaux, en gentleman, me remerciait de mon coup de cœur. Nous avions poursuivi nos échanges par une discussion plus large. Sur sa carrière, sa manière d’aborder la musique et ses nombreux projets, ainsi que sur la fascination pour les Queens Of The Stone Age que nous avions en commun. 

Il me parla de ses Undercover Queens Of The Stone Age, albums dans lesquels il faisait des reprises façon bossanova du groupe américain avec des voix féminines derrière le micro. Olivier Libaux eut la gentillesse de m’envoyer les trois vinyles de ce projet pour que je découvre un travail qui, je dois l’avouer, m’intriguait. J’ai pris la mesure de la générosité de l’homme lorsque je lui ai demandé: «Tu me diras combien je te dois pour les skeuds et les frais de port.» Il me répondit: «Rien du tout ! Tu écoutes et si tu aimes, tu en parles autour de toi.»

Quand, quelques semaines plus tard, Jean-Noël m’a proposé de rejoindre l’équipe de DarkGlobe, c’est tout naturellement que j’ai repensé à cet échange et que j’ai proposé à Olivier de nous raconter sa vie et son œuvre dans une interview. Exercice auquel il s’est confronté avec une extrême gentillesse et beaucoup de sérieux. Il nous a parlé de son premier groupe, Les Objets, ovnis pop des années 80 ; de sa rencontre avec Josh Homme, une de ses idoles, puis de son bébé, Nouvelle Vague, groupe de reprises des standards New-wave avec lequel il continuait à tourner ou encore de son excitation à donner des concerts après une longue période de silence due à la crise sanitaire… Bref, de sa passion sans limites pour la musique.

Récemment, le musicien avait été frustré par le report de la tournée américain de Nouvelle Vague, mais il continuait à sillonner l’Europe avec sa bande d’amis et collaborateurs, vivant toujours de sa passion. L’homme était discret, humble et généreux.  L’artiste était reconnu et apprécié par ses pairs, et le talent dont il fit preuve manquera assurément au paysage musical français aujourd’hui orphelin d’un de ses plus dignes représentants.

Crédit photo: Matthieu Dufour