Fort d’un premier album en 2025 idéalement nommé La Bataille du Clair et de l’Obscur , le groupe post punk /dark rock Piedebiche s’est taillé une réputation sur la scène marseillaise, à travers des concerts habités et par un univers bien à eux.
C’est au Leda Atomica que le groupe fait sa rentrée en ce mois de septembre, pour présenter -entre autres- ses nouveaux titres.
Unn au chant, Peache à la guitare, Vince aux futs (l’instigateur de la Rue du Rock devenu l’évènement annuel de découvertes musicales La Plaine du Rock, à Marseille), sont à nouveau ce soir suivis par un fidèle public, accro aux sons et aux images du trio.
Cette soirée sera au diapason de leurs concerts, entre l’ombre d’une musique sombre et la lumière de la chanteuse, encore plus solaire ce soir.

La musique des Piedebiche parvient à marier beauté des textes -exclusivement en français- , riffs dark et batterie engagée. Un rythme tendu, qui tour à tour hypnotise ou libère, comme le suggère leur disque, entre l’obscur qui s’écoute et la lumière qui se danse. Entamé avec deux titres magnifiques issus de leur premier opus (« Les Illuminés » et « Ecoute » ), le concert fera la part belle aux nouvelles compositions (dont « Jardin Noir », « Frère-Sœur », « Sinon Tu Tombes »), toutes plus inventives les unes que les autres, comme si une nouvelle dimension musicale s’était imposée, tout en confirmant une singulière signature, toujours accompagnée de textes auxquels on prête attention. « Dansons » marque un des points d’orgue du set, avec Unn qui se déchaine en dansant , sur scène et parmi les premiers rangs du public, répétant un mantra « Danse » à l’infini, crié de plus en plus haut. Guitare et drums, joués avec intensité , poussés à fond, magnifient la transe créee et ressentie.
La plupart des titres sont accompagnés de visuels. Ils se fondent dans l’ univers du trio sans que les yeux ne se détournent vraiment de sa forte présence scénique. Comme une peinture qui serait jetée sur scène, on se délecte de branches d’arbres, de fleurs -magnifiques, rouges ou noires selon les titres, images fixes ou saccadées selon les moments.
Après de beaux titres (le nouveau « Pour Peu Qu’on Ose », le poétique et pacifiste « Ces Fleurs » (joué à l’archet) , « Ferme ta Gueule », leur premier single en guise de clin d’œil humoristique et autobiographique, fait toujours son effet. La projection de son clip hilarant /rafraichissant en fond d’écran rajoute à notre adhésion . Un titre communicatif qui nous renseigne, au passage , sur la musique qu’on entend : « C’est pas du punk, c’est pas du rock » ! Résultat : c’est tout simplement du Piedebiche…

Poussé par le public, le groupe nous a resservi au rappel l’entrainante nouvelle composition « Jardin Noir », dansant à souhait et indé rock dans l’âme.
C’est pour ce genre de soirée que je continue à courir les concerts. Pour partager l’émotion des musiques et la sueur des musiciens. Ressentir la spontanéité et la sincérité du moment. Et sans l’excuse facile de se dire « Je les ai vus dans une petite salle ». Mais indéniablement, les Piedebiche méritent plus grand. Tout ce qu’on peut ardemment leur souhaiter est que « Ces fleurs » éclosent encore plus fort.
Site du groupe : https://piedebiche.fr/
Photos (c) Guy Castagne / Dark Globe.fr
