Tapete Records, un label allemand ( comme son nom ne l’indiquerait pas)…
Tapete est né à Hambourg, et il existe depuis déjà 24 ans. Peu connu dans nos contrées, sauf de quelques initiés aux bons goûts, le label développe et soutient une scène musicale pop allemande , souvent issue des courants punks, post-punks et de l’indie-pop. Une scène prolixe mais dont les ondes ne traversent que rarement les rivages d’ Outre-Rhin . Andréas Dorau , Anajo, Black Helno, pour n’en citer que quelques uns , sont réunis dans le catalogue très fourni du label.
Une petite curiosité, cependant, est à signaler chez Tapete, avec le groupe Bambi Kino, qui tente de faire revivre les très riches heures (non pas du Duc de Berry !) mais plutôt des Beatles, quand ces derniers expérimentèrent tout à la fois, la scène et la vie dans les bas-fonds portuaires d’Hambourg, au tout début des années 60… (La boucle serait-elle bouclée ?).
Dans une démarche plus risquée, néanmoins ambitieuse et plutôt couronnée de succès, le label a misé sur une scène plus internationale, en cherchant à signer et mettre en avant, une ribambelle d’artistes issus de la scène britannique des années 80/90. Cet intérêt a eu l’avantage de faire ainsi revivre les plus belles années de labels mythiques tels que El Records, Rough Trade et Creation.
Tapete a redonné vie et un second souffle (voire parfois un troisième !) à tout un tas d’artistes , tous aussi exigeants que mélodistes hors-pairs et souvent aussi loufoques et excentriques . On peut citer pêle-mêle: Bmx Bandits, Lloyd Cole, Martin Carr ( ex Boo Radleys), Robert Forster ( ex Go Betweens), The Clientele, The Lilac Time…
Certains sont bien connus de nos services, puisque régulièrement, cités ou chroniqués dans les espaces numériques de Dark Globe.fr et très régulièrement en tournée dans l’hexagone, grâce aux bons soins de l’association-amie Life Is A Minestrone (Penny Arcade, Bill Pritchard, Pete Astor …).
D’autres, méritent aussi que l’on s’ y attarde plus longuement. J’ai envie de leur donner un éclairage particulier, parce que détenteurs d’une solide réputation et discographie, mais pas toujours parés de leurs plus beaux atours, un peu comme des éternels « Poulidor » qui n’atteignent que la seconde voire la troisième marche des podiums. Je veux parler de The Monochrome Set, Comet Gain et The Telescopes!
The Monochrome Set
Fortement lié à son leader charismatique et véritable dandy, Ganesh Seshadri plus connu sous le nom de Bid ( ça ne s’invente pas !), le Monochrome Set en est aujourd’hui à sa troisième résurrection ( il lui en reste donc 6 si l’on suit les préceptes hindouistes ! )
En effet, le groupe a connu 3 périodes d’activités intenses sur presque 50 ans d’existence !
– La 1ère, la plus connue et la plus intense , de 1979 à 1985, est celle où le groupe aligna un certain nombre de « tubes » ( « The Strange Boutique », Jet Set Junta », « The Mating Game », « Jaccob’s Ladder », »Wallflower »).
– La 2ème, s’étire entre 1990 et 1998 après un split de cinq années.
– La 3ème, depuis 2008.
Il faut préciser qu’entre 1998 et 2008, Bid a développé un autre projet tout aussi foisonnant, également hébergé chez Tapete. Il s’agit de Scarlett’s Well dont un petit extrait s’impose, ne serait-ce que pour en donner le ton…
En cette année 2026, le groupe revient. Et, en regard de sa si longue carrière, c’est donc avec rien de moins que son 18ème album ! ( le 6ème pour le label Tapete) . The Lotus Bridge, c’est son titre, met en valeur le song writing de Ganesh Senadri. A L’instar d’un Ray Davies, Senadri nous livre, avec ses talents de conteur et de chroniqueur, une nouvelle galerie de portraits, de réflexions et de saynètes : The Lotus Bridge fait référence à un pont entre le Monde des terriens et le Monde du Rêve… On suit un fil parfois ténu, entre le passé, le présent et un avenir parfois incertain. Les arrangements pop s’y font plus feutrés, au profit d’accents parfois plus jazzy. Le groupe est toujours en évolution.
Comet Gain, du post-punk loin d’un fourre-tout stylistique…
Considérés comme The Monochrome Set, Comet Gain sont à tort coincés dans la catégorie « Fourre-tout » du Post Punk. La case est bien trop restrictive, dans les 2 cas pré-cités, tant par la diversité de leurs influences que par l’éclectisme de leurs productions,. Les 2 groupes méritent une écoute bien plus approfondie, au vu de leur richesse et de leur inventivité !
Comet Gain , créé en 1992, par le talentueux, David Feck, alias David Christian ou Charlie Damage, personnalité aussi multiple que touche à tout, a repris et défriché le chemin entrepris puis délaissé par The Pastels ou les Television Personalities, ceci pour notre plus grand bonheur !
Quelques extraits pour donner envie d’en savoir plus :
The Telescopes, on a voyagé sur la lune…
Avec The Telescopes, on part sur un voie (lactée) que Syd Barrett, Jason Pierce, Peter Kember ( Spiritualized, Spacemen 3, Sonic Boom) n’auraient pas reniée. Moins connus que leur illustres prédécesseurs ou contemporains, le groupe et Stephen Lawrie avaient pourtant bien commencé leur chemin, en croisant notamment celui d’Alan Mc Gee( CREATION) et avaient été diffusés sur les ondes radiophoniques par Bernard Lenoir.
Bien que certains morceaux, notamment « 1992 », auraient pu, par erreur, les rattacher à la scène baggy mancunienne, nous sommes ici bien plus en présence de longs mantras psychédéliques et de paysages sonores expérimentaux, torturés et bruitistes . J’aurais 2 albums à vous conseiller, si vous souhaitez explorer cette veine, plus en détail :
– Une double compilation, sortie en 2015, chez le label londonien, Cherry Records, bien connu, pour exhumer et compiler des groupes parfois assez obscurs, des années 60 aux années 90. Titre: Splashdown, qui reprend les sorties de la période Creation ( 1990-1992).
– Un album « Live » Radio sessions, couvrant une période bien plus sauvage de 2016 à 2019.
Sans oublier, puisque c’est aussi mon sujet, le dernier né, chez Tapete, Static Charge ( leur 19 ème lp ), au climat plus apaisé, parfois bucolique, mais toujours empreint d’une belle étrangeté psychédélique.
Image mise en avant logo (c)Tapete Records

Esprit Libre depuis 1703 et Esthète pop depuis 1984, je suis devenu « agitateur » par le biais de relations épistolaires avec des artistes tel que Philippe KATERINE, des associations, des fanzines, des labels dès le milieu des années 90. Par la suite, en co-animation d’émission radio sur l’ Eko des Garrigues dans la mythique émission « Salvador’s Dali Garden Party ». j’ai pu continuer à découvrir et défricher la pop, par divers chemins de traverse(s).