
On ne va pas se cacher. Nous prenons actuellement un plaisir à la fois malin et extrêmement égoïste à réaliser des interviews avec ces musiciens qui ont, vingt ans plus tôt, forgé notre identité musicale, dessiné une ligne de démarcation nette entre une pop de qualité, enthousiasmante et subtilement déviante et le tout venant du (souvenez-vous) Top 50. Lire la suite ›
Au beau milieu de cet océan de nostalgie qui supporte notre affection musicale, il y a les Catchers, ce groupe irlandais apparu au milieu des années 90. Leur premier album, Mute, parfumé de délicates mélodies pop et d’une poésie dramatique et cryptique avait su nous bouleverser délicatement l'âme et se faire l'écho à la fois mélancolique et lumineux de nos vingt ans. Le groupe se séparera après un deuxième album intitulé Stooping The Fit et son leader, Dale Grundle, disparaîtra plusieurs années loin de la musique ou peut-être, plutôt, de la scène médiatique. Il remettra le couvert en 2007 sous le pseudonyme, cette fois-ci, de The Sleeping Years, alternant courtes périodes d’activités (3 Eps, un album intitulé We're Becoming Islands One By One, quelques concerts) et d’autres, bien plus longues, de silence.
De passage en Janvier dernier sur la capitale pour un concert acoustique de The Sleeping Years en première partie des franco-australiens de Heligoland, dans la belle galerie d'art du 19ème, l’Index, c’est avec une certaine émotion et une grande nostalgie, celle de nos vingt ans à jamais disparus, que l'on rencontre Dale Grundle. L’homme a, tout comme nous, pris quelques années dans le visage mais rayonne d’une vraie humilité. L'interview se déroule dans la salle de bains et le lapin de la galerie, enfermé dans un carton au pied notre chaise, ne bouge pas une oreille. Lire la suite ›

David Gedge est un mec impressionnant. Pas uniquement parce que le Monsieur représente avec son groupe The Wedding Present un énorme pilier de l’histoire du rock indé rosbeef (encore que finalement ce serait bien assez) ou qu’il continue à sortir régulièrement depuis plus de vingt ans des albums frais et inspirés. Mais aussi parce que, avec sa chemise et ses jeans noirs, ses rangers impeccablement cirés, sa bonne carrure et surtout son regard noir et direct, on a l’impression qu’il vous explique sans cesse qu'il est un mec à qui on ne la fait pas, alors même que l’on a rien à lui vendre. Autant dire que notre interview réalisée fin Octobre, le soir du concert du Wedding Present à la Boule Noire pour la tournée Seamonsters (le troisième album du groupe sorti en 1991) ne s’est pas révélée des plus faciles. Et pourtant, à la fin de notre entretien, lorsqu’on lui présente notre cassette audio usée par les décennies (putain 20 ans!) de Seamonsters, la carapace se fend timidement et l'émotion point tandis qu’il raconte ses enregistrements des émissions de John Peel sur des BASF C-90 qu’il réécoutait ensuite en boucle sur l’autoradio de sa voiture.
Soupir de soulagement. Finalement, David Gedge est bien tel qu’on l’imaginait. Lire la suite ›
publié par Lionel | 31 oct 2012

The Pains Of Being Pure At Heart est un groupe un peu particulier pour Dark Globe. Si la rédaction est partagée sur la question de savoir lequel de ses deux albums est le meilleur, tout le monde s'accordera à dire qu'ils occupent tous les deux une place particulière dans le coeur. Sur notre étagère donc, un premier disque éponyme sorti en 2009, qui réconciliait la twee-pop de Sarah Records avec les guitares de The Jesus & Mary Chain et Slowdive, et dont le successeur, Belong, nettement plus orienté indie US (Smashing Pumpkins, Weezer) au niveau du son, se démarque efficacement mais parvient pourtant à en conserver la fraîcheur et la sensibilité adolescente. Lire la suite ›
publié par Lionel | 15 oct 2012

Voilà plus de cinq ans qu'Oliver Ackermann nous fait grésiller les oreilles de plaisir avec A Place To Bury Strangers, à grand coups de guitares électriques poussées à leurs limites, de pédales d'effets maison et de basses vrombissantes. Remarqués avec un premier album éponyme éblouissant sorti sur Rocket Girl/Important records en 2007, "APTBS" façonne depuis son antre, "Death By Audio" (une sorte de complexe de création, monté par Ackermann et quelques uns de ses acolytes à Brooklyn) un noise rock hybride mêlant murs de guitares psychédéliques distordues et rugueuses, rythmiques syncopées, sans oublier de porter un soin appliqué à ses mélodies. A l'heure de la tournée européenne en support du troisième album du groupe, Worship, échange avec Oliver autour de ses inspirations et de la flamme qui l'anime... Lire la suite ›