L’onde de choc italienne ? Quand le Repère du son ,web radio gardoise, devient une base arrière de la scène transalpine
Il y a des signes qui ne trompent pas. Au Repère du son (Carnot), le radar s’est affolé ces dernières semaines en direction de l’Italie. Loin de l’image d’Épinal, c’est une scène bouillonnante, nerveuse et furieusement indépendante qui frappe à la porte de nos playlists radio. En discutant avec la rédaction de Dark Globe, nous avons décidé qu’un zoom était nécessaire, et quasi impérieux!, sur cette scène très active mais pas forcément connue des auditeurs et auditrices radio comme du lectorat du Webmag. Le nombre de groupes et labels qui nous ont contacté est important et il serait ainsi impossible de parler de tous en seul article. Dans cette première chronique que nous leur consacrons, nous nous arrêterons aujourd’hui sur deux formations parmi celles que nous diffusons et qui, chacune à leur manière, redéfinissent les contours du rock indé qui se joue de l’autre côté des Alpes.

Unkle Kook : Le Surf-Rock dans l’œil du cyclone
Originaire de Bologne, le quintet Unkle Kook ne joue pas de la musique, il projette des films noirs. Leur deuxième album, Frenzy, est une expérience sonore qui déforme les codes de la surf music pour les adapter à la tension de 2026. On oublie les vagues californiennes et le soleil radieux ; ici, le son est compressé, passé à la moulinette d’une époque qui accélère sans direction.
Produit par le label Brutture Moderne, le disque fonctionne comme un détonateur. Entre les guitares désertiques noyées sous une réverb’ spectrale et des saxophones qui tranchent l’air comme des lames, Unkle Kook dessine le paysage d’une société à bout de nerfs. De l’ouverture électrique de “Oh Yeah Oh No” à la mélancolie poussiéreuse de “Gibraltar”, le groupe transforme les inégalités et la confusion mondiale en un langage instrumental unique. C’est viscéral, visuel, et ça ne demande jamais la permission. Un indispensable pour ceux qui aiment que le rock bouscule leurs certitudes.

Naked Run (c) Sorry Mom!
Naked Run : L’urgence au bout des doigts
À l’autre bout du spectre, mais avec la même rage au ventre, on retrouve Naked Run. Avec leur premier album « OSTACOLI« (Obstacles), les Italiens nous rappellent que le post punk croisant avec la pop, n’est jamais aussi bon que lorsqu’il sert à hurler le quotidien. On est ici dans l’impact direct, sans filtre.
Leur single « Michael Scofield« n’est pas qu’un hommage à la culture pop ; c’est une charge frontale contre une société de la vitesse qui nous pousse au « logoramento » (l’épuisement intérieur). Les Naked Run naviguent entre ironie mordante sur la procrastination (« Ogni Giorno ») et ballades rock à fleur de peau (« Come Me Stesso »). C’est la bande-son d’une génération suspendue, entre frustration sociale et besoin vital d’évasion. Sous la houlette du label Sorry Mom! , le groupe livre une production compacte, taillée pour le live, où chaque refrain semble avoir été écrit pour être repris en chœur par une foule en sueur.
Le Repère et Dark Globe : Le pont franco-italien
Cette double claque , vous l’avez compris, est le début d’une invasion programmée! Si la « base arrière » de cette déferlante se situe sur les ondes de Carnot, le Repère du son pour le côté immersion sonore, c’est ici même, sur Dark Globe, que vous pourrez suivre l’évolution de ces artistes.
La complémentarité de l’antenne et de la plume, au-delà de la diffusion radio, permettra de vous donner régulièrement ici des nouvelles de cette scène transalpine de moins en moins underground… Les plus attentifs d’entre vous auront sans doute déjà capté au passage les noms de The Clown Society, Hogans Alley, Nakhash ou encore Rykën. Ces groupes feront l’objet de prochaines chroniques.
Mais puisqu’on ne va pas vous dévoiler toutes nos cartouches d’un coup, sachez tout de même que ces quatre -là ne sont pas d’une nature à rester longtemps dans l’ombre! Le contingent italien a trouvé son point de chute en France, et entre les chroniques de Dark Globe et le flux du Repère, vous n’avez pas fini d’en entendre parler. Restez branchés ! Et « dansez, dansez, dansez ,dansez, dansez sur la radio! » comme disait un gars de Macclesfield…
https://unklekook.bandcamp.com
Image mise en avant Unklekook (c) Brutture Moderne
