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Disques

Shankar Family & Friends / lp

Originellement enregistré et publié en 1974, SF&F est la collaboration entre George Harrison ( passionné de musique indienne depuis 1966) et Ravi Shankar virtuose du sitar, citoyen du monde installé à Los Angeles et Londres dans le sillage des musiciens rock, après une reconnaissance internationale via la hype psychédélique et pop de 1967. Shankar est ici accompagné par ses musiciens traditionnels et c’est Harrison lui-même, seul maitre de son destin depuis la fin des Beatles, qui assure les parties de guitare acoustique. L’album de la Shankar Family permet de découvrir l’instrumentarium indien, orchestré selon les pures modalités du style, les pièces musicales et chantées s’associant à des déclinaisons d’un registre pop.
L’oeuvre est parmi les prémices d’une world music, loin des formules souvent aseptisées produites aujourd’hui, à de rares exceptions près comme les excellentes productions de Damon Albarn avec son label HonestJon ou le lp Mali Music en 2015. A ce titre on appreciera ce disque comme une œuvre essentielle sinon fondatrice, à l’instar de l’intérêt qu’on trouva dans les enregistrements réalisés cinq ans plus tôt par Brian Jones, captant les mélodies et séquences rythmiques des Joueurs de flûtes de Jajouka en 1968 dans les monts marocains. Les musiciens pop occidentaux de la fin des années 1960 découvraient les musiques du reste du monde et envisagèrent de possibles métissages et de nouveaux souffles. La curiosité n’est pas un vilain défaut et, après tout, blues et jazz n’étaient ils pas des dérivés des musiques ethniques venues d’Afrique ? Un juste retour des choses.

L’album qui a déjà bénéficié d’une remasterisation, est ressorti fin juin sur Dark Horse, maison de disques de la famille du défunt Beatle. On y entend une certaine naïveté, certes, qui fût celle d’un temps d’utopies nombreuses. Mais l’important est ailleurs. Ce qu’on retiendra ce sont, avant tout, des richesses musicales singulières et une inspiration qui se retrouveront judicieusement, par exemple, chez les londoniens de Cornershop au mitan des annees 1990. Rien ne se perd…
Les musiques se rejoignent. Elles font toujours sens quand elles sont jouées par les hommes et les femmes qui les aiment .

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